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vendredi 4 mai 2012

Amoureux au ban public


(L'Amicale se fait le relais d'appels qui nous semblent résonner avec ce que nous avons à dire, en tant que chrétiens, sur notre engagement dans la Cité. A chacun ensuite de se faire son opinion et de juger de son propre engagement.)

La Ligue des Droits de l'Homme de Montpellier, la Cimade et le collectif des Amoureux au ban public vous invitent à la projection-débat du film de Nicolas Ferran sur les couples franco-étrangers "Les Amoureux au ban public" le 20 mai à l'Utopia à 10h30. Ce documentaire donne à voir des témoignages émouvants de couples mixtes dont l'un des conjoints est sans papiers. Nicolas Ferran, qui a lancé ce collectif de défense des conjoints de français en 2007, sera présent.

Sur ce film, voir le lien suivant : http://amoureuxauban.net/film/

Au nom de la lutte contre les “mariages blancs” et de la “maîtrise” de l’immigration familiale, releguée au rang peu envisable d’”immigration subie”, les couples franco-étrangers subissent depuis plusieurs années le durcissement continu des lois et des pratiques administratives.

Avec intensité et émotion, 13 couples décrivent dans ce film un parcours du combattant pour se marier en France, faire transcrire un mariage célébré à l’étranger, obtenir un visa pour la France ou bénéficier d’un titre de séjour. Ils racontent leur peur ou leur vécu de l’expulsion, leur révolte de devoir vivre cachés ou séparés, le traumatisme des arrestations à domicile, l’opacité des administrations, les interrogatoires répétitifs destinés à vérifier la sincérité de leurs sentiments, la difficulté d’obtenir le respect de leurs droits.

Dans les mairies, les consulats, les préfectures, les commissariats, on découvre alors l’extraordinaire complexité des procédures, une confrontation jusqu’à l’absurde avec une législation qui a ajouté des contrôles aux contrôles, des conditions aux conditions, et toujours plus d’arbitraire, d’intrusion dans les choix de vie personnels de ces couples. Leurs témoignages ne relatent pas des dysfonctionnements exceptionnels. Ils mettent à jour une véritable politique répressive qui a décrété la mise au ban des couples franco-étrangers dans notre pays.

* Horaires: A partir de 9h45: petit-déjeuner sur place. Projection à 10h30 suivie d'un débat avec Nicolas Ferran. Durée du film: 1h10. Tarif: 3,5 euros

mercredi 25 avril 2012

Réalités avant-dernières

Vivre dans ce monde sans être du monde, cela implique-t-il de se désintéresser de son sort ? Non bien sûr, et même, paradoxalement, c'est s'y intéresser d'encore plus près. 
D'une part, Dieu aime le monde. Il nous guide et nous protège dans ce monde-là, pas pour la destruction de ce monde mais pour y vivre ensemble. Pour y esquisser une fraternité qui tient son origine d'un autre monde, même si dans sa réalité cette fraternité a conservé toutes les rudesses de l'humanité qui ne supporte pas l'altérité chez l'autre. On ne cesse jamais de lutter pour y croire et pour la mettre en oeuvre, tout en sachant que c'est utopique. Ce serait de cesser d'espérer qui serait terrible - et donc aussi de cesser de se battre.
D'autre part, le monde est déjà jugé. Toutes les puissances d'asservissement sont déjà tombées sous le coup du jugement. Aucune idole qui puisse y échapper : toutes nos idoles (le pouvoir, l'argent, l'auto-suffisance, l'orgueil, toutes les puissances d'un monde qui voudraient nous faire croire qu'elles sont seules au monde) sont déjà démasquées comme idoles. Encore faut-il accepter de le voir... Et ça ne va pas de soi. C'est pour ça qu'à chaque culte, nous répétons la confession des péchés : on n'y échappe pas, au péché, de toute façon, et il consiste à se soumettre à de faux dieux. En connaissance de cause ou pas. Par faiblesse ou par calcul. Par aveuglement ou par choix. De toute façon, seuls on ne peut guère qu'y céder, parce que nous ne sommes pas surhumains, parce que nous ne sommes pas des dieux. Dire les choses comme ça, ça implique que tout en sachant que ces idoles sont dans le monde, nous tenons de la grâce de Dieu la possibilité d'y échapper. C'est ça, le salut. C'est de savoir que nous sommes jugés, et graciés. C'est de savoir que nous n'échappons pas au jugement et que c'est une chance, une formidable force de vie. C'est à un autre que revient le jugement ultime sur nos vies.
Pourquoi parler de tout ça maintenant ? Parce que je me dis que ça n'est peut-être pas sans rapport avec la vie politique de ce pays en ce moment. S'il y a une posture chrétienne a tenir sur la politique, ce serait peut-être celle-là : tenir que le monde ne se réduit pas à ses apparences, que le pouvoir ne se réduit pas à qui a ou n'a pas le pouvoir, mais que la seigneurie sur le monde se situe ailleurs. Et que penser en chrétiens la politique, c'est chercher à toujours résister à ce qui cherche à nous faire croire que tout est joué d'avance. Rien n'est joué d'avance. Poser des actes, voter, refuser, choisir, c'est avancer en faisant le pari que ces actes sont sous le regard de Dieu, toujours. Et qu'ils peuvent contribuer à rendre ce monde plus conscient, plus juste, plus aimant. 
Il y a des choses à refuser. Il y a des choses à exiger. Il y a des choses à espérer. Tout ça va ensemble, au fond... et si ça n'est pas de la politique, je ne sais pas ce que c'est !
PR

mercredi 8 février 2012

Le meeting de Balaruc

Imaginons. Imaginons que nous sommes début février... et imaginons, pure hypothèse d'école, qu'au mois de mai-juin, il y ait une élection présidentielle. Enfin pas présidentielle, mettons qu'on se trouve dans une civilisation où il n'y a pas de président (forcément, toutes les civilisations, paraît-ils, étant inégales entre elles, leurs systèmes politiques aussi), donc on élit... je ne sais pas, un champignon. Pure hypothèse d'école. Quelles questions poserions-nous au bolet putatif, pour s'assurer qu'il ne va pas aller mettre la pagaille dans nos institutions d'une part, qu'il respectera le droit des champignons d'autre part, que la parité sera garantie, enfin je ne sais pas, des trucs de base, quoi. Histoire de dire qu'on est bien tous dans la même champignonière. Et qu'il ne va pas se mettre à percer ici et là, dans l'humus de cette campagne, comme des relents de politique anti-mycélium - pure hypothèse d'école toujours. On ne se méfie jamais assez des truffes.
Imaginons. Imaginons qu'à Balaruc (juste parce que c'est un joli nom) se tienne toutes les semaines à partir d'aujourd'hui un meeting visant à interpeller les champignons du pouvoir actuel et les éventuels futurs sur leurs projets, vous leur diriez quoi, vous ?