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lundi 2 juillet 2012

Retour

De retour en France, je peine à trouver les mots pour dire l'émotion à quitter des amis repartis chacun dans son coin du monde. Nous allons chacun de notre côté élaborer nos travaux écrits et tenter de "faire de la théologie" pour honorer notre engagement envers le GIT. Mais au moment de se quitter, ce sont des numéros de téléphone, des mails et des promesses de rester en contact que nous avons échangé, parce que c'est vraiment ça qui a compté. 
Voici quelques photos qui voudraient dire un peu de ce que nous avons vécu et de la beauté de ce pays; ce ne sont que des clichés mais il s'y trouve peut-être quelques détails qui vous accrocheront l'oeil ?






















dimanche 1 juillet 2012

Jour 25 - Till we meet again

Aujourd'hui est le jour du grand départ. La famille GIT se disperse peu à peu. Il y a la tristesse des séparations et la joie du retour. 
Je posterai encore quelques photos du voyage en rentrant, et puis, les amis, ce sera à vous de prendre le relais du blog pour le reste de l'été ! Que faites-vous de votre côté ? quelles sont vos joies et vos questions ? 
A très bientôt...


samedi 30 juin 2012

Jour 24 - Lia


Lia est une des personnes les plus extraordinaires qu’il m’ait été donné de rencontrer. Elle n’a jamais étudié la théologie (ses domaines de prédilection sont l’art, les media studies, gender studies et cultural studies). Elle a co-fondé une petite entreprise de multimédia, fait de la photographie et du design, et continue son travail universitaire en donnant des conférences en Indonésie et ailleurs. Ici au GIT, elle encadrait l’équipe d’accueil avec une efficacité redoutable et une indéboulonnable bonne humeur. J’ai eu envie de vous faire partager la joie d’une conversation avec elle en vous faisant entendre un peu sa voix et quelques-unes des ses histoires... j’espère n’avoir trahi ni son discours ni sa pensée en les retranscrivant.

Dans mon village, à l’ouest de Sumatra, la terre tremble trois fois par jour. C’est comme prendre un médicament, on le fait tous les jours mais on n’y pense pas vraiment ! J’ai encore de la famille là-bas, mais maintenant ma vie est ici, à Jogja. Enfin j’espère pouvoir aller en Europe bientôt... J’y suis déjà allée pour des conférences, pour parler de mon travail sur le système matriarcal chez moi. D’ailleurs les auteurs que j’ai lus pour ma thèse sont occidentaux pour la plupart: Bourdieu, Judith Butler... Ce qui m’intéressait, c’était de comprendre l’articulation entre le système matriarcal, l’islam et le système traditionnel; c’est en conflit permanent, et pourtant c’est comme trois branches pour construire un feu: s’il y en avait moins ça ne marcherait pas.
Mon père était un imam. Et ça m’intéresse ce que vous dites sur votre religion ici au GIT, je trouve ça fascinant de vous entendre parler. Pour moi, on ne peut pas mettre Dieu dans une boîte. Il y a la boîte de la religion, mais pour moi, Dieu et la religion sont deux choses différentes, complètement différentes – et je suis très loin de ce que j’ai appris quand j’étais enfant en disant ça. Petite, je suis allée dans une école coranique, j’ai appris l’arable ; au lycée, j’ai été obligée de porter le hijab. J’ai refusé pendant deux ans mais la troisième année j’ai dû céder. Quand j’étais petite, on me disait qu’il y avait un Dieu et qu’il fallait y croire, qu’on allait en enfer si on ne priait pas. Je me souviens d’un livre pour enfants où on montrait l’enfer, avec des ciseaux pour couper la langue des gens. Ca mettait ma mère en colère. Elle disait « pourquoi faut-il dire ça ?! Il suffit de dire qu’il y a un Dieu ! » Et moi, je disais « mais comment il peut y avoir du fer en enfer ? »
En Islam, pour prier on regarde vers le haut. Dieu n’est pas à côté de nous, il est toujours en haut. Dans le Coran, on dit qu’après la mort, beaucoup de questions nous serons posées et qu’on ne pourra pas mentir, parce que chaque partie du corps répondra individuellement. Quand j’étais à l’académie des arts, au début de mes études supérieures, on a imaginé une chorégraphie comme ça : des parties du corps qui réagissaient de façon indépendante, chacune avec sa propre volonté. Moi je devais m’occuper de la musique et je me suis creusé la tête : qu’est-ce qu’il peut y avoir comme musique en enfer ? Et au paradis ? Qu’est-ce qu’il aime comme musique, Dieu ?! Alors j’ai mis un métronome au milieu de la scène – le temps. Pendant dix minutes, on a mis le métronome et les danseurs ont dansé sur cette musique-là. Tu vois, les catholiques ont un rosaire : on prie avec, et quand on a fini le tour, on recommence, c’est circulaire, ça ne s’arrête jamais. C’est ça la musique, le rythme ne s’arrête jamais. J’ai l’impression à vous entendre que quand vous apprenez la théologie, vous avez besoin de regarder en arrière tout le temps.
D’ailleurs j’ai une question pour les étudiants en théologie : après avoir appris la théologie, est-ce que vous vous sentez plus proches de Dieu, ou plus loin ? Quelqu’un m’a dit qu’il se sentait plus loin... mais qu’en tant que pasteur, il ne pouvait plus sortir Dieu de la boîte... Avec cette histoire de Dieu dans une boîte, il y a tout à coup des choses qu’il faut faire et des choses qu’il ne faut pas faire... Vous parlez de choses tellement lointaines, hautes... que vous oubliez les choses simples. Vous partagez des temps de culte, vous parlez de l’Evangile... mais en parlant des petites choses, des choses simples, vous pouvez changer de perspective aussi... Comme cette histoire de Bible : il s’agit de comprendre le message de la Bible finalement, non, plus que la Bible elle-même ? A mon avis, « the medium is the message ». Parfois je vous écoute et j’essaie de rentrer dans votre contexte, vous allez très loin dans vos pensées, vous parlez de désastres, de mission, mais vous oubliez le médium...
J’ai l’impression parfois que les pasteurs sont formés pour juger les gens. Il y en a qui m’ont jugée ici, parce que je suis lesbienne, ça a confirmé mon stéréotype des pasteurs ! Mais en parlant avec d’autres, ça a détruit ce stéréotype... C’est comme si certains ne se rendaient pas compte qu’ils ne sont pas que des pasteurs, mais aussi des amis, des parents, des enfants... et même en parlant avec un ami, c’est comme s’ils se comportaient toujours en pasteurs ! Il y a d’autres fonctions dans l’univers que pasteur... Et s’ils ne cherchent pas à abolir le mur entre eux et leurs paroissiens, ils risquent de se comporter comme s’ils étaient supérieurs, non ? Certains, ici, ils sont pasteurs tout le temps...
Parfois, j’ai l’impression d’être un «pasteur de vie» (a minister of life). Quand quelqu’un me parle et que je comprends, je peux être pasteur – comme vous faites, vous annoncez des bonnes nouvelles, vous avez des bons conseils, des faits objectifs, vous êtes des médiateurs – et parfois, quand je dis ce que je pense, après ils se sentent mieux... et j’étais un pasteur de vie pour eux ! Quand on vous pose une question, vous cherchez la réponse. Et ça fait se sentir bien, d’être dans ce rôle ! C’est un beau métier, pasteur ! C’est pour ça que vous apprenez, que vous allez en cours ici, que vous lisez autant de livres. Ils vous croient, et vous les aidez. C’est la même chose dans l’islam : annoncer de bonnes nouvelles, aider, être bons envers les gens... Mais ça implique aussi d’exclure certains. Moi, par ce que je suis, j’ai faux partout !
J’aime bien vos temps de worship. Du coup je me demande ce que ça signifie dans mon propre contexte. C’est quoi, au fond ? c’est de dire merci, d’attendre une bénédiction. Quand j’entre dans la chapelle ici, j’attends la performance... C’est un peu comme si j’étais au théâtre ; et c’est bien ! Le sermon vu comme une performance, c’est quelque chose qui peut s’interpréter (et j’adhère aux thèses du post-structuralisme, là, sur l’interprétation). Il y a un message, beaucoup d’interprétations, ça doit se lire. Et tous ces détails ont une signification : allumer une bougie, se tenir dans le silence, se saluer... Je ne sais pas si c’est quelque chose de bon ou pas en soi, mais assister à ces moments, c’est comme assister à un spectacle. On peut faire ça n’importe où, n’importe quand. Après, il faut voir si Dieu doit être considéré comme le public ou comme un personnage dans le spectacle !
Moi, quand je lui parle, je lui parle, et après il me laisse tranquille, il me laisse vivre. Mais je ne sais pas s’il est toujours là. Vous, vous pouvez vous adresser à quelqu’un, à Jésus. Pour nous, Dieu est abstrait, en islam on ne peut jamais se le représenter. Mais je pense qu’il est toujours là. Il est impossible à imaginer, mais toujours là. Enfin, il faudrait le prouver. On ne peut pas penser que par analogie ! On peut prouver l’existence de l’oxygène en allumant une bougie, mais Dieu... c’est trop facile, de faire une analogie.
Enfin je crois à une puissance en tout cas. D’ailleurs si ça n’était pas là, on se serait pas là en train de parler ensemble, non ? Tous ces gens réunis qui viennent du monde entier, qui se rencontrent comme ça... Après, ça demande un engagement personnel, particulier, et ça il faut y être prêt... Quand j’étais enfant, on a essayé de me forcer à croire, et je n’aime pas ça du tout... Quand j’ai réalisé que j’étais lesbienne, j’étais sale pour eux. Je voulais prier, faire face à Dieu, mais on m’a dit que je n’avais pas le droit, du coup j’avais peur de lui faire face, de prier, de lui parler. On m’a dit qu’il ne m’écouterait pas. Enfin elle ! Moi je pense que Dieu est féminin !
Mais la religion, c’est comme un style, comme le style qu’on choisit de porter. Pour croire en Dieu, il faudrait que je choisisse une religion. Ou est-ce qu’on peut croire sans religion ? Tu crois ? Je ne sais pas. Le commitment... mais il y a des tas de règles et je n’aime pas ça ! Ou alors Dieu ne fait pas de règles et c’est nous qui les inventons ? Mais j’ai l’impression qu’il faut faire quelque chose de concret pour se rapprocher de Dieu. Enfin si on pense comme ça, tout est concret, même la pensée : ça prend du temps, de l’espace, c’est du concret. J’ai besoin de croire en quelque chose. En moi, déjà !
Enfin bon, une religion, c’est quand même comme un parti politique : on rassemble des gens, on recrute, on gère de l’argent, on essaie d’en gagner, on essaie de convaincre... Mais quand vous apportez une religion quelque part, vous cassez tout... vous dites que votre propre religion est la bonne, que vos règles sont les bonnes... ça fait changer les gens, ça les transforme complètement. Comme un parti politique, on dit aux gens « regardez mon programme, j’ai une meilleure vie pour vous, et on a besoin d’argent ! » Dans un sens, c’est comme ça que je vois la religion.
Quand j’étais gamine, je jouais du piano. Et j’ai essayé de trouver un nouveau système tonal – dans ma culture, le système tonal est très différent, chaque instrument joue indépendamment. Je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas. Le professeur m’a dit qu’il fallait que je trouve une ligne, et j’ai cherché. Et quelques jours plus tard, elle m’a appelée et elle m’a dit : « cette ligne, c’est ce qui te retient, ce qui te permet de revenir à ton point de départ quand tu t’éloignes, c’est à ça que tu te raccroches pour revenir ». Ca permet la flexibilité, ça permet de s’éloigner et de revenir quand ça devient trop difficile. C’est quelque chose à quoi on peut croire et qui te ramène à ton propre lieu. Quand on croit en Dieu, par moment, c’est le même sentiment. On essaie de trouver des réponses, tout le temps. Et le dimanche, quand vous êtes assis à l’église, vous êtes juste assis là... mais ça vous ramène à votre point de départ, à votre propre lieu. Dieu, il ne donne jamais de réponses ; vous répondez à vos propres questions...
Je dois croire qu’il me parle et que je ne comprends pas. C’est un jeu, tout le temps. Il y a une histoire, comme ça, d’un homme et son fils, qui sont partis chercher Dieu. Ils ont trouvé un arbre immense et ils ont commencé à lui vouer un culte. Et puis ils ont découvert qu’il y avait d’autres arbres, encore plus grands, et ils ont laissé tomber. Et puis ils ont découvert un rocher gigantesque et ils lui ont voué un culte. Et il y avait d’autres rochers encore plus grands... Alors le père, fatigué, a dit à son fils : « Ecoute fiston, je suis fatigué, on rentre à la maison, tant pis. On dira qu’on a trouvé Dieu. Et si on te pose des questions pour savoir qui est Dieu, tu diras que ça doit rester un mystère, parce que Dieu n’aime pas les questions... »
Un jour, le président indonésien a raconté que les chrétiens étaient très proches de Dieu, parce qu’ils l’appellent papa ; mais que les bouddhistes étaient encore plus proches de Dieu, parce qu’ils l’appellent « ohm » (chez nous, ça veut dire oncle, et on est beaucoup plus proches de notre oncle que de notre père – c’est celui qui nous achète des glaces!). Mais nous... nous, on est obligés de l’appeller par haut-parleur !
Enfin le GIT, c’était une expérience... rencontrer tous ces pasteurs, qui étudient ensemble, se posent des questions... ça pose des questions. J’espère que vous avez trouvé des réponses...



vendredi 29 juin 2012

Jour 23 - Salut !

Hier on parlait des commencements. On a aussi parlé au GIT, ces jours-ci, des fins. Le salut, c’est quoi ? Pour les contemporains de Calvin, on imagine que ça devait aller de soi. Echapper à l’enfer. Gagner son paradis. Mais aujourd’hui ? Comment dire le salut aujourd’hui ? Qu’est-ce que ça signifie au juste ? Nous étions une dizaine ; tous théologiens, pasteurs pour la plupart. Et pourtant nous avons eu la surprise, dans la liberté de parole qui a caractérisé nos échanges, de constater que nous ne savions pas... Nous avons une idée, pour nous-mêmes, de ce que ça peut signifier. On peut évoquer notre espoir que le salut est pour tous. Mais c’est comme si c’était un point aveugle de nos théologies respectives – nous n’abordons la question qu’avec prudence. La systématique ne rejoint pas l’existentiel (pardon pour les gros mots!). C’est quoi, le salut, pour vous ?
Le salut, le jugement et la grâce, on en a parlé ailleurs et je ne compte pas y revenir ici. Ca fait partie des questions que je ramènerai.
Ce matin, c’était picture time pour tout le monde, puis tout le monde ou presque a embarqué dans un taxi pour aller qui faire ses dernières emplettes de batik, qui visiter une fabrique de bijoux en argent, qui simplement faire un tour à pied avant qu’il ne fasse trop chaud. Je crois que cet après-midi, un tour à la plage est prévu, et demain ce sera le zoo. Il ne reste plus dans le dorm que quelques isolés, sous le relais du modem, ou la guitare à la main, ou simplement assis sur les marches à penser à autre chose. C’est un vrai soulagement que les cours soient finis. Ca a été très intensif en terme de temps, et le travail en commun pour les presentations de fin de cours a exigé une certaine énergie. C’est parfois difficile d’élaborer une œuvre commune quand on a des théologies vraiment divergentes et des aptitudes différentes face à la langue anglaise. Mais au bout du bout, chacun a pu mettre la main à la pâte.
Sur l’announcement board, il y a un « 02 » sur l’affichette « days left of the GIT 2012 ». Les groupes de discussion se sont réunis une dernière fois pour un bilan. Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour la prochaine fois ? (ce sera dans deux ans en Amérique latine) En regardant autour de moi chacun de ces visages devenus familiers, je pense à ces quelques minutes ou ces longues heures de conversation avec l’un ou l’autre, ou au simple sourire échangé. Et je sais qu’à un moment ou à un autre, nous avons été Christ l’un pour l’autre.
Alors je repense à Luther, et je me dis qu’en étant ensemble ainsi, par-delà le prétexte du travail académique, ce que nous avons pu vivre c’était de protester pour. Pour l’espoir d’une vie possible dans ce monde, pour l’amitié et la fraternité (gandong en indonésien), pour la simplicité de la rencontre. On passe notre vie à protester contre, ici aussi d’ailleurs, contre la pauvreté, l’injustice, les inégalités, la désunion, la guerre et la famine. Et alors ? C’est ça qu’on est supposés faire ? Non ! On est supposés annoncer une bonne nouvelle, pas lutter contre les mauvaises. Et ma bonne nouvelle elle est là. Je proteste pour, avec tout ceux qui sont ici, et bientôt de retour en France, avec tout ceux qui seront là-bas.
Salut !



jeudi 28 juin 2012

Jour 22 - Bereshit


Le contexte – au début, le contexte. Au début, en tête de toute vie possible, il y a un monde vivable. La création de ce monde ne dépend pas de nous. La langue que nous parlons nous précède. La lumière qui nous éclaire vient d’ailleurs. Il faut faire avec. Il faut aussi faire avec l’idée qu’une partie de cette création ne nous est pas accessible : « bereshit bara elohim hashamayim weha’aretz.. » Vous pouvez vivre dans les cieux, vous ? Mais sur la terre, oui, un petit bout de terre où nous avons atterri sans l’avoir demandé. Ce petit bout de terre, cette langue, cette lumière nous les partageons avec d’autres – voilà le contexte dans lequel nous devons vivre.
Ici, le concept de contexte prend une dimension toute particulière. J’ai commencé à en prendre conscience ici, intellectuellement d’abord, avec la théologie contextuelle. Chacun était appelé à annoncer ce qui, dans son propre contexte, donnait l’arrière-plan de la théologie qu’on y pratique. « In my context... » J’ai eu du mal à le définir, ce contexte : est-ce mon continent, mon pays, ma région, ma langue, mon université, mon Église, ma paroisse, ma famille, mes amis... ? Ca fluctue selon les situations, et parfois c’est en contradiction (en tension, on dit chez nous). Aucun contexte n’est parfaitement unifié. La nuance, c’est à la fois la richesse et la malédiction (« stop with the endless nuancing ! ») de notre tradition réformée, nous disait hier matin notre professeur dans le cours « Living Out Reformed Theology and Identity ».
Mais dans la pratique... ce n’est pas si compliqué. Comprendre le contexte de l’autre, ça se fait comme tout le reste dans l’écoute patiente et attentive. Quand j’écoute Lia, j’apprends la façon dont on peut penser sa vie et sa relation aux autres en pensant comment la nature se comporte. « Regarde ce ruisseau qui sort d’un tuyau dans la terre pour alimenter la rizière ! Tu peux penser comme ça ! » Et puis en marchant dans la rue, en croisant le regard des gens, on échange un sourire. Ca fait partie du contexte : ici, on peut se sourire pour dire « je t’ai vu, je te vois en train de mener ta vie, bon chemin ! » Le contexte, comme la foi, ne dépend pas des dogmes. On en hérite, on ne le possède pas, on ne l’enferme pas dans des lois, mais on en vit, d’une certaine manière.
Dans la langue indonésienne (langue commune du pays qui en compte des centaines), c’est le contexte qui permet de comprendre : les verbes ne se conjuguent pas, et parfois le genre ne se dit pas non plus. Il s’agit de faire attention à ce que pense l’autre et il y a toujours la possibilité de ne pas se comprendre. C’est un jeu risqué. Si on ne se comprend pas, m’explique un ami indonésien, ça peut mener à une « guerre froide », chacun se sentant incompris. Mais c’est aussi une langue où on rit beaucoup, où on se moque gentiment de l’autre et de soi. C’est frustrant pour moi de ne pas pouvoir vous la faire entendre ! Cette sonorité me manquera. Il faudrait apprendre la langue – et pourquoi pas – pour commencer à entrer un peu dans ce contexte.
Bon, en attendant, on écrit : nous sommes plusieurs à tenir à un blog (voir les liens dans la colonne de droite), plusieurs à entretenir une correspondance avec « the folks at home » ou à tenir un journal ; certains aussi qui n’ont jamais le temps de le faire ont pris la plume pour se souvenir plus tard. Ca en fait, des mots... Ce matin, nous avons aussi partagé des « signes d’espoir » : chacun était appelé à lire une lettre évoquant ce qui, dans son propre contexte, lui semblait devoir témoigner d’un espoir pour l’avenir. Justice, égalité, dialogue, sens de la communauté, réconciliation, service et hospitalité, lutte contre la pauvreté et l’exclusion... nous avons bien des choses en commun dans ce que nous espérons pour nos Églises et nos cultures.
J’ai pensé aux signes d’espoir que j’ai pu rencontrer ces deux dernières années à l’IPT et ailleurs. Et ce qui m’a semblé le plus sensé, c’était de partager cette confession de foi qu’une toute petite poignée de « jeunes » théologiens a écrite l’été dernier – tous différents, en dialogue, pleins d’espoir. Pour l’occasion je l’ai traduite en anglais (allons, ça ne vous tuera pas de la lire en anglais ! Mais vous trouverez l’original ici, clic). C’est à la fois un point d’arrivée et un point de départ. Bereshit...


We believe that God is present in our lives. We believe that he gathers us together and that he manifests himself where we don’t expect him, in the unexpected occasions of life. We believe that he also manifests himself where we have long expected him, in an unexpected manner and unexpected ways. We believe that he can never be imprisoned within an institution or a definition. We believe that he makes us free and that his hand picks us up when he have fallen. We believe that he gives us the strength to act and to change the world.
We believe that Jesus-Christ comes to us on the path of life. We believe that we are walking in his presence. We believe that he is talking to us and answering us, in the present moment of our life.
We believe that the Spirit is breathing God’s presence in our frailties and in the beauty of our days. We believe that he guides us in the world God created for us and where we are living until the novelty of the Kingdom.
We believe that salvation is for all, without distinction. We believe that in the very middle of this life, which is so beautiful and so complicated, salvation is announced as a promise. We believe that this good news gives every human an irrevocable dignity and the courage to live, from the first breath to the last.
Amen



mercredi 27 juin 2012

Jour 21 – Unité : « The Reformed Family »


Un de nos meilleurs cours ici, c’est « Calvin pour les nuls ». On prend le temps de reprendre les grands thèmes du réformateur genevois, histoire de rappeler en quoi sa théologie informe la théologie réformée contemporaine. Nous parlons, bien sûr, de la prédestination, un thème qui pose clairement problème, ici et maintenant. Ceci dit, je ne peux pas m’empêcher de penser à une clarification donnée par JDC dans un cours d’éthique en début d’année : le thème de la prédestination n’occupe que quelques pages dans la totalité des milliers de pages écrites par Calvin. De plus, il me semble me souvenir (mais corrigez-moi si je me trompe, les amis) qu’il s’agissait d’une question ecclésiologique au premier chef : affirmer après Augustin, Thomas et les autres l’existence de la prédestination, c’est affirmer aussi que personne ne peut savoir qui fait partie de l’Eglise des prédestinés, un argument particulièrement important face à l’Eglise du temps et ses institutions qui affirment que le salut ne peut venir que de l’appartenance à l’Eglise instituée. Église visible, Église invisible. Ca a toujours la même force aujourd’hui. Et je crois que c’est quelque chose sur quoi il ne faut pas lâcher dans le dialogue inter-religieux : personne ne sait, sauf Dieu lui-même qui sera sauvé. Et alors ?
Par ailleurs, hier, une représentante de la World Communion of Reformed Churches (WCRC, en français CMER, Communion mondiale des Églises réformées), l’organisme qui organise le GIT, nous a présenté l’organisation qui est basée à Genève. Le but principal de cette organisation est de « répondre à la mission de Dieu », et cela s’entend essentiellement par l’encouragement de l’unité parmi les Églises membres, avec le slogan « Called to communion, committed to justice ». L’ERF (et donc à présent l’EPUdF) fait partie de la CMER. De nombreuses actions sont mises en place (notamment dans le domaine du genre (gender justice) dans une perpective de construction d’une plus grande justice sociale et ecclésiale, par la lutte contre « a culture of domination that results in the perpetuation of conditions of brokenness and suffering in the body of Christ », d’où l’intérêt pour la mise en valeur de « positive masculinities » et la promotion de l’ordination des femmes dans les Églises membres, ce qui n’est pas le cas dans toutes actuellement), des études sont faites, des réflexions sont en cours en permanence, des formations sont mises en place, il y a même des confessions de foi qui sont rédigées régulièrement (comme la confession d’Accra, la plus récente, qui appelle à « lire les signes du temps » pour prendre conscience de la souffrance de la création, faire face à la destruction de notre terre et poser une ferme critique du système idéologique international menant à l’injustice économique). La justice, le respect de la création, la lutte contre la pauvreté, sont des thèmes centraux, tout cela sous le signe de l’unité. « On ne peut pas rester silencieux : il n’est plus temps d’être silencieux, il faut agir, enough is enough : c’est toute la création de Dieu qui réclame la justice. »
Et vous, que pensez-vous de ce thème de l’unité ? Est-ce quelque chose pour lequel on doive lutter ? Est-ce utile, est-ce nécessaire ? Est-ce indispensable ? Cela fait-il partie de la mission de l’Eglise ?
La question me semble tout à fait centrale dans la théologie réformée. Mais il y a peut-être deux façons, subtilement différentes, de voir la question. D’un côté, on peut considérer que l’unité est une promesse, une promesse donnée par Dieu. De l’autre côté, on peut dire que l’unité est non seulement nécessaire mais impérative, parce que c’est là ce que Dieu exige de nous, sachant que l’Eglise est le corps du Christ.
Sommes-nous une grande famille ? Dans le temps cultuel ce soir, nous avons célébré notre fraternité. Et à la vérité, j’ai été touchée par le partage de la lumière, chacun allumant sa bougie à la bougie de son voisin, par les chants de cette assemblée qui se lance avec joie et espérance dans une langue inconnue qui célèbre un Dieu commun, par les embrassades qui célèbrent la joie d’être ensemble. Peut-être qu’au bout de ces deux semaines et demi, je comprends un peu mieux l’émotion qui unit... peut-être que je peux être touchée à mon tour. « Tu penses trop », me dit-on. Sans doute. J’aurai pris quelques bonnes leçons au passage.
Je rentrerai en France plus riche de nombreuses interrogations. Plus consciente aussi de la qualité de l’enseignement que nous recevons à l’IPT, de la richesse de notre tradition intellectuelle, et du besoin de s’enrichir d’autres traditions malgré la difficulté de les rencontrer. Le GIT a réussi à réunir des gens très différents, qui pensent des choses différentes et les expriment de bien des façons. A-t-on pu s’entendre ? Souvent en tout cas, on s’est au moins écouté. On a pu partager des moments étonnants, émouvants, frustrants, incompréhensibles, humains.
On a partagé aussi le temps, les rythmes quotidiens. Pour certains, ces quelques jours représentent une parenthèse dans une vie tellement remplie qu’ils n’ont plus le temps de penser. Pour d’autres, c’est le temps inespéré de la rencontre avec d’autres, ceux notamment qui sont au milieu de la rédaction de leurs mémoires universitaires et ne voient plus du monde que leur écran et leurs livres. Chacun retournera riche de la compréhension de ce que c’était pour l’autre.
Mais je parle comme si c’était déjà fini... Il reste quelques jours. Avant que la parenthèse ne se referme sur un point d’interrogation suivi de beaucoup de points de suspension...

mardi 26 juin 2012

Jour 20 - Obéissance


 Ce matin, nous avons un cours sur l’identité réformée. Nous parlons, bien sûr de « Sola scriptura ». pour prendre un exemple, nous parlons de la ligature d’Isaac (Gn 22,1-14) et de l’obéissance d’Abraham. « The Lord will provide » se trouve au centre de l’argumentation du professeur. Une question soulevée par une étudiante mène le cours sur l’obéissance de Jésus. Peut-on séparer la mort du Christ de sa naissance et de sa résurrection ? qu’en est-il de son pouvoir, alors qu’il aurait pu échapper à la mort ? À qui alors appartient ce pouvoir ? Est-il un Dieu impuissant ? Que signifie « il fallait qu’il meure ». Le professeur remet au centre « the Lord will provide ». Jésus est non seulement victime mais acteur de sa mort. Dieu a pris l’initiative mais Jésus lui aussi a pris une initiative et nous sommes appelés à faire de même.
Le professeur demande : la mort du Christ sur la croix est-elle une réconciliation des hommes (pardon, des humains) avec Dieu ? Dans la théologie réformée, il semble qu’il y ait un rôle plus actif à jouer de la part des hommes (humains !). Si quelqu’un meurt pour moi sans que j’y puisse rien, ça n’a pas de sens. Si la mort du Christ a du sens, alors il faut que les humains aient une part à jouer. La mort du Christ sur la croix nous appelle au changement. « God will provide, but he will not provide without your initiative. » Même dans les moments les plus difficiles, ne lâchez pas cette espérance. En déroulant le récit de ses expériences, de sa jeunesse, de son travail actuel à la WCRC (CMER), notre professeur nous exprime en quoi cette théologie est pour lui vivante et irremplaçable. La vitalité de la foi – quand l’obéissance signifie de ne jamais lâcher la certitude que « God provides ». Vivre en réformés, avoir une identité réformée, ce serait alors vivre de cette foi-là. Une foi qui nous oblige à rester dans le nomadisme, toujours entre nomadisme et sédentarité (Dt 26,5 ; Lc 9,58 ; Hb 13,14) : « in the end, all depends on our moving along with God ».
Lorsqu’on a compris où se situe cette obligation d’obéissance, on ne peut qu’en témoigner, le montrer, le vivre (« to live out » en anglais) : il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. On ne peut garder le silence (Ac 5,29). C’est le fondement de la déclaration de Barmen, nous rappelle le professeur. Impossible de rester silencieux.
Pourtant, le principe de Sola scriptura et le principe d’obéissance ne fonctionnent que parce qu’il existe la liberté. Dieu ne veut pas des marionnettes, mais des humains qui font des choix.
Pour une partie des étudiants, c’est évident, voire basique : c’est le rappel des grands principes de la foi réformée. Il y a pourtant des sourcils froncés et des questions, notamment sur le concept de free will. Y a-t-il une possibilité de rentrer en dialogue avec Dieu, voire en conflit, ou est-ce que l’obéissance implique de se soumettre sans discussion ? Le professeur évoque la prière à Gethsemané : « que ta volonté soit faite » : bien sûr ça n’est pas simple, c’est en tension en permanence. Mais au fond, l’identité réformée exige que l’on obéisse, pas automatiquement et sans réfléchir, mais obéir ; il faut alors penser au fils prodigue.
Et ce principe de Sola scriptura... au final, qui a l’autorité pour interpréter la Bible. La réponse fuse : « only you ! ». L’autorité vient de ce que la Bible a du sens pour nous.
Je pense au discours de Gamaliel (Ac 5,34-40) : si ça doit rester, ça restera. C’est peut-être ça, la foi, non ? croire que c’est la bonne nouvelle dans tout ça qui va finir par rester et parler. Encore une question en suspens !
Tout le monde est fatigué. Les amitiés en sortent renforcées, parce que quand on est fatigué, on n’a pas l’énergie de parler « to make a point », pour défendre bec et ongles une opinion. On préfère se reposer sur une complicité suffisante pour être sûr que même sans parler la même langue, on parle le même langage. Et je me demande tout à coup si les dissensions dans nos Églises prennent aussi leurs sources dans la fatigue : fatigue d’une institution, fatigue des acteurs qui en font toujours plus ; fatigue d’être soi, chrétiens dans un monde qui ne l’est pas ; fatigue de chercher à défendre des causes qui semblent perdues ; fatigue de vouloir continuer à croire qu’on peut défendre une cause par nous-mêmes. Mais là aussi, nous savons où trouver le fondement de notre joie malgré la fatigue : dans un lien particulier avec celui qui nous rassemble. Amitié oui, comme celle de Pierre : philein, on ne peut sans doute pas faire beaucoup mieux. Mais amitié plus précieuse que tout parce qu’elle nous permet de voir, au-delà de toutes nos fatigues, la trace d’une grâce qui malgré tout nous rassemble. Alors si on devait poser la question (saugrenue, je vous l’accorde, mais bon, la fatigue...) « la théologie est-elle un sport de combat ? », je répondrais non. La théologie est une course de fond ; et le témoin est cette bonne nouvelle que, même sans savoir vraiment la dire, nous pouvons partager et porter au monde.  


lundi 25 juin 2012

Jours 18 & 19 - Church & Cooking


 Hier, nous avons assisté à un culte en javanais. Je ne dirai pas que c’est très différent de l’indonésien parce qu’honnêtement je serais incapable de vous dire en quoi précisément ça diffère, mais déjà ça s’écrit autrement, comme en témoignait l’affichage vidéo des cantiques. Le truc, c’est que les deux derniers dimanches, nos amis indonésiens pouvaient nous aider à comprendre quelques bribes en traduisant ici ou là des passages de la liturgie, mais hier tout le monde était à la même enseigne. Le seul étudiant qui comprend le javanais était rentré à la maison pour le week-end. Etrangement, c’était un moment de culte apaisant et signifiant malgré tout. Temps en suspens pour la méditation et la prière, au rythme familier d’une prédication, où les pensées peuvent suivre leur cours...
Ensuite, nous avons travaillé ensemble. Vous connaissez la parabole du bon Samaritain (Lc 10,25-37), bien sûr. Pour notre cours sur la mission (passionnant à bien des points de vue), nous avons exploré cette parabole pour évoquer le thème de l’hospitalité. C’est un texte complexe, comme toutes les paraboles, à la fois du point de vue de la structure et du contenu. Une approche narrative un peu serrée montre que la question de Jésus renverse la totalité de la narration. Qui est le prochain de l’homme blessé ? Voilà ce que demande Jésus. Or on attendait plutôt la question : « qui est le prochain de l’homme qui s’arrête pour aider ? ». D’ailleurs, l’intéressant c’est que si on demande à des gens, comme ça, au hasard (enfin pas totalement au hasard, ce sont des théologiens, certes), quelle est la chute de l’histoire, leur interprétation, souvent, repose sur la deuxième question (que ne pose pas Jésus) plutôt que sur la première. Ca rend les choses tellement complexes qu’on a passé la soirée d’hier à s’emmêler les pinceaux dans le script du mime qu’on essayait de mettre en place.
Du coup, ça a donné lieu à une véritable discussion théologique et « oh boy » comme on dit ici, ça fait du bien de débattre et d’en rire en même temps. Comme tout le monde s’y perd, chacun aide l’autre à élaborer son argument, même si ce n’est pas sa position de départ. Disputatio, on a fait ça à l’IPT en début d’année et c’était une expérience assez éprouvante, mais parfois, c’est à la fois joyeux et fructueux. Enfin il reste à savoir si notre public (captif) y comprendra quelque chose. Pour parfaire l’élégance du truc, on a décidé de rester sur une question. Toutes les hypothèses sont donc encore ouvertes, à chacun de se faire son opinion. Et vous, qu’en pensez-vous ?
Nous entamons ce matin la dernière semaine du GIT en Indonésie. Dimanche, chacun repartira de son côté. C’est donc la semaine des dernières fois, la semaine du Talent show aussi, des échanges de mail, et tout ça. Mais ce soir, on innove : ce sont les étudiants qui cuisinent. Ca devrait être intéressant ; l’équipe est internationale et j’espère qu’il n’y aura pas de grands débats éthiques sur la question de comment on épluche une pomme de terre – mais si c’est le cas je ne manquerai pas de vous en faire part. Histoire que vous puissiez mettre votre grain de sel. Bonne journée !


(Photo Anita)

dimanche 24 juin 2012

Jours 16 & 17 - Temples


 Hier c’était un peu la fête de la musique, ici aussi : avant le ciné (Prometheus, très étrange, mais les sous-titres en indonésien étaient très bien), on a pris un verre dans un café en plein air (il fait toujours chaud ici de toute façon, il n’y a que deux saisons : saison humide et saison sèche) et écouté un groupe local. Ce qu’ils chantaient ? « Bof, de toute façon c’est toujours des chansons d’amour... » ont répondu les amis indonésiens avant de reprendre en choeur ; sur le grand écran derrière apparaissent des rizières au soleil couchant. Des chauves-souris passent en rase-motte, une famille arrive tranquillement et s’installe, les petites filles et la maman portent un hidjab ; à côté, une jeune fille en minijupe pianote tranquillement sur son Blackberry et plus loin, un rocker en blouson de cuir et chapeau mou bat la mesure. Réalité ou perception biaisée, un des premiers mots qui me viendraient pour parler de Jogja, ce serait « sérénité ». Ca donne envie d’y rester pour comprendre, un petit peu, pour apprendre à traverser une rue sans trembler, s’asseoir au bord de la route pour prendre un café ou manger un beignet au poulet mariné sur un tapis par terre, traverser la ville la nuit en observant les lumières, échanger un sourire avec une maman qui porte son bébé dans un tissu sur la hanche. Et apprendre la langue, pour pouvoir écouter mieux et parler un peu plus facilement. Une autre fois. En attendant, on ne partage que le trivial ou l’essentiel, à mi-mots.
En anglais, un temple se dit « church », un temple concerne donc une autre religion que la religion chrétienne. Les temples que nous avons visités ces deux derniers jours sont bouddhiste pour le premier (hier), hindous pour les autres, ce matin. Je ne suis pas très douée pour donner le contexte, historique ou culturel, mais j’ai pris des photos et je les partage avec vous ici (enfin je vais faire de mon mieux pour batailler avec un internet un peu soupe au lait).


Borobudur

















Prembanan