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vendredi 1 mars 2013

Journée mondiale de prière

Ce vendredi 1er mars a lieu la "Journée mondiale de prière", mouvement international de femmes de toutes confessions chrétiennes. Chaque premier vendredi de mars est organisée dans 170 pays de par le monde une journée de prière commune, avec la devise "S'informer, prier, agir". C'est un pays différent qui organise la rencontre chaque année (préparation de la célébration, choix des textes et rédaction des prières) et c'est l'occasion de s'informer sur la vie de de ces femmes, de prier pour exprimer et enrichir l'échange entre chrétiennes de tous horizons et d'agir pour manifester par un geste concret de solidarité, avec les fruits de l'offrande qui permettent de soutenir des associations et des mouvements qui oeuvrent pour la promotion des droits des femmes. 
C'est la France qui cette année a préparé cette journée mondiale. Le thème en est "J'étais étranger et vous m'avez accueilli". Que signifie aujourd'hui pour nous être étranger, que signifie accueillir ? Ca passe par de véritables relations humaines. Nous nous souvenons de cette parole, "chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait". 
Rendez-vous à 18h30 au temple de la rue Maguelone à Montpellier (ou dans plus de 300 lieux de célébration en France).

mercredi 20 février 2013

Protestants en fête

Du 27 au 29 septembre 2013 se tiendra à Paris le grand rassemblement "Protestants en fête" : villages thématiques, forums, expositions, spectacles, jeux, concerts... L'IPT sera présent avec un stand et des animations. Le samedi soir, grand concert et le dimanche, culte à Bercy. Les inscriptions sont ouvertes, ici (clic), si vous voulez participer au culte notamment c'est très fortement conseillé ! 
Vous trouverez le programme, des informations pratiques (dont une "bourse au logement" pour trouver un hébergement chez l'habitant), une boutique (en partenariat avec le SEL) et toutes les informations mises à jour sur le site de Protestants en fête, ici (clic). Allez, c'est parti pour un Paris d'espérance !

mercredi 6 février 2013

Du café et décroissant


A la fin du mois de janvier se tenait à Oullins près de Lyon la rencontre annuelle de la Mirly (clic), sur le thème "Emploi et progrès, pouvons-nous, devons-nous attendre la croissance pour donner sa place à chacun ?" Au terme de deux jours très denses de discussions, un texte a été produit, reprenant théologiquement les thèmes et questionnements de cette rencontre. Vous le trouverez sur le site du christianisme social (clic) et nous le proposons ici également. 



CROISSANCE ET EMPLOI : QUEL MODELE VOULONS-NOUS ?

Ce texte a été produit suite aux rencontres de la MIRLY de janvier 2013, qui ont réuni plus de 60 personnes pendant deux jours pour réfléchir au thème « croissance et emploi ». 

En tant que chrétiens, nous mettons notre confiance dans l’amour de Dieu promis à tous les hommes : il nous rend libre d’agir en ce monde pour le changer, il nous empêche de croire qu’il y a des inutiles parmi les humains, il nous rend dignes et nous donne le courage de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons.
Nous pensons qu’aucun système, économique ou de société, ne peut libérer l’homme : Dieu seul peut le faire. Il n’appartient donc pas aux Églises (pas plus qu’à toute autre instance) de désigner une norme par laquelle on accéderait à cette libération, ce qui reviendrait à transformer une réalité humaine ou sociale en idole. Cependant, il leur appartient de lutter contre tout ce qui amoindrit et aliène l’être humain. De ce préambule nous tirons deux conclusions :
  • Rechercher dans une réalité humaine ou sociale, fut-elle la plus noble et la plus admirable, le lieu du salut c’est tromper nos contemporains et nous tromper nous-mêmes et, en dernière instance, trahir l’Evangile. 
  • Nous avons la liberté d’agir en ce monde : nous agissons en hommes bénis par Dieu. Cela nous libère de toute exigence de résultat et du fantasme d’être efficaces par nous-mêmes, ce à quoi le message du Christ nous appelle aujourd’hui 


A partir de ces présupposés, nous posons qu’une exigence éthique en matière d’emploi devrait nous rendre attentifs aux soubassements anthropologiques de tous les modèles économiques. 
Nous avons considéré plus particulièrement trois modèles économiques pour notre société :
  • un modèle poussant à rechercher la croissance économique pour créer des emplois pour tous (« travailler plus pour travailler tous ») : c’est le modèle en vigueur actuellement
  • un modèle visant une réduction forte du temps de travail individuel pour donner de l'emploi à tous (« travailler moins pour travailler tous ») : c’est le modèle des 32h (ou moins)
  • un modèle visant une abolition de la valeur travail, pour ne produire que ce qui est nécessaire (« travailler moins pour travailler moins ») : c’est le modèle des objecteurs de croissance, ou décroissants.

Le modèle dominant à l’heure actuelle nous pousse à oublier qu’en disant le « mot croissance » nous n’avons plus à l’esprit que la croissance économique ; or bien d’autres choses ont besoin de croître : le bien-être, la santé, la liberté de nouer des relations avec nos frères humains, la tolérance pour ceux qui ne nous ressemblent pas, etc. L’horizon de ces idées de croissance, c’est le Royaume de Dieu. En nous incitant à croire que le salut viendrait de la croissance économique, le modèle économique dominant à l’heure actuelle méconnaît toute une dimension de l’être humain. Nous reconnaissons que le travail peut être perçu comme un moyen d’épanouissement de la personne et de contribution au bien social, mais nous réfutons que ce soit le seul moyen et refusons de laisser croire qu’il s’agirait d’un but en soi. En d’autres termes, tout en reconnaissant la nécessité d’un encadrement légal du travail et le besoin d’une réflexion politique de fond pour soutenir l’action publique, nous ne mettons pas notre confiance dans l’optimisme d’une croissance qui règlerait le problème de l’emploi.

Le modèle du partage du temps de travail ne remet pas fondamentalement en cause les fondements anthropologiques du modèle précédent. Il pose que le travail est un trésor collectif qu’il convient de partager équitablement afin que chacun puisse en bénéficier. Or nous affirmons que ce qui donne sa dignité à l’être humain n’est pas le travail : l’être humain est digne de naissance. En termes théologiques, il est digne parce qu’il est adopté par Dieu comme son enfant ; nous ne mettons donc pas notre confiance dans le partage du temps de travail pour garantir à tous une égale dignité. Nous reconnaissons cependant que la trop grande disparité des moyens d’accès à la dignité sociale est un fléau social contre lequel nous sommes appelés à lutter et cela passe par une préoccupation de justice sociale, y compris dans le monde du travail. 

Le modèle de la remise en cause de la valeur du travail, à travers l'objection de croissance ou la décroissance, pose comme centrale l’aspiration de l’être humain à vivre pleinement, libéré de la contrainte du travail. Ce modèle présuppose une anthropologie optimiste et positive, autrement dit il met sa confiance dans la nature humaine. L’idée d'un revenu inconditionnel garantissant à chacun le libre choix de son activité, rémunérée ou non, va dans le sens d’une plus grande liberté de l’individu face aux contraintes du marché du travail, autrement dit d’une désaliénation de l’homo economicus. L’inconditionnalité est au cœur de notre foi : la grâce donnée n’est pas à rendre et l’être humain n’en est pas digne par lui-même. Nous ne méconnaissons pas cependant le nouvel enfermement auquel les humains se soumettent volontiers en posant des conditions fantasmatiques qui leurs permettent de se croire auto-fondé et appelons à la vigilance : le revenu inconditionnel comme nouveau lieu du salut ne serait qu’une nouvelle idole. Nous soulignons notamment le risque que l’individu se croie débiteur de la société ou que la société croie l’individu son débiteur : il s’agit de libérer l’individu pour le rendre libre d’agir et non pour imposer une nouvelle contrainte, plus sournoise par non dite. Un autre écueil consisterait à poser la nature en nouvelle idole : s’il est essentiel de réaliser la nécessité de préserver notre planète, il n’est pas légitime pour autant d’en faire la condition de notre salut. Ceci étant posé, nous affirmons que tout ce qui va dans le sens des  désaliénations de l’être humain relève d’une éthique chrétienne et que la réflexion actuelle sur la décroissance mérite toute notre attention. 

Où mettons-nous notre confiance ? Mettons-nous notre confiance dans le retour de la croissance économique ? Alors nous refusons de remettre en question un système qui ne conçoit l’être humain que comme un producteur et un consommateur. Mettons-nous notre confiance dans notre force de travail ? Alors nous méconnaissons la lutte qui déchire la société entre ceux qui en ont et ceux qui n’en ont pas. Mettons-nous notre confiance dans la nature humaine ? Alors nous nous leurrons sur notre statut de créature. Mettons-nous notre confiance dans une norme, qu’elle soit économique, sociale ou morale ? Alors il s’agit d’une idole.
Nous mettons notre confiance dans l’amour de Dieu promis à tous les hommes.

vendredi 25 janvier 2013

Défap, suite

Elisabeth Marchand est donc venue nous rendre visite au moment de l'apéro de l'Amicale, mercredi soir. Elle nous a parlé avec passion de cette "société de missions évangéliques" créée à Paris en 1822 et qui s'est adaptée, peu à peu, aux nouvelles réalités de l'Eglise et du monde. Etre une Eglise accueillante, c'est aussi prendre le risque du service, loin de chez nous, dans des Eglises avec lesquelles nous ne pouvons entretenir de liens humains qu'en les connaissant mieux. Vous retrouverez dans cette vidéo la voix d'Elisabeth et un exemple d'action du Défap, au Cameroun. 


Elisabeth nous indique également que les offres de postes ont été mises à jour sur le site du Carrefour de l'engagement (clic). Allez y jeter un coup d'oeil si l'envie de découvrir d'autres horizons vous démange ! 

lundi 21 janvier 2013

Regards protestants

Connaissez-vous "Regards protestants", le portait internet des médias protestants ? Ce site, créé sous le patronage de la fondation Bersier, réunit en un lieu unique les contributions de nombreux médias protestants francophones pour en faire découvrir la richesse et la diversité. Sous différentes rubriques, vous trouverez des articles, des vidéos, des podcasts qui abordent l'actualité et des questions de fonds. 
Retrouvez le site à l'adresse suivante : http://www.regardsprotestants.com


vendredi 28 décembre 2012

La puissance de Dieu dans une gare


Je pense que nous sommes nombreux à avoir arpenté les quais des gares ces derniers temps… Pour Noël, on court souvent retrouver ses proches, sa famille, et c’est justement ce que j’ai fait, il y a de ça quelques jours…
En repartant de mon pays natal, j’avais une heure à perdre dans une gare, rien à faire pendant une heure. Dit comme ça, l’idée parait plutôt séduisante, ne rien faire pendant une heure… Mais finalement, la foule qui foisonnait autour de moi fut plus forte que ma paresse et l’heure à ne rien faire se transforma en heure de spectacle. Assise par terre sur mon sac de voyage, je n’avais qu’à ouvrir les yeux et écouter, pour comprendre à nouveau la puissance de l’Evangile. Si, si j’ai bien parlé de la puissance de l’Evangile ! Vous allez comprendre…
Tout commença par ce charmant petit tableau de vie : deux vieilles dames chapeautées et gantées s’avançait élégamment vers le tableau d’affichage de départ des trains:
« - Quai E, regardez Mademoiselle M***…
-Oh chère amie, je vous remercie. Sans vous je n’aurais pas trouvé… 
-RAK POUFF ! »
Cette saynète assez désuète, mais au demeurant sympathique, fut perturbée par ce bruit de crachat. Instinctivement, j’ai alors tourné la tête et vu un ado. Sans surprise celui-ci commença à râler après sa mère : «  mais c’est trop badant d’aller chez ta mère, m’man… », la mère désabusée dirigea son regard vers un tas de valises et de skis derrière lequel se cachait probablement le père : « Chéri, fais quelque chose je n’en peux plus… » Et c’est ainsi que j’ai entendu, pour la première fois de ma vie, parler une montagne de valises : « A****, tu entends, arrête de faire chier ta mère !!! ». A ces mots, vu la situation, un fou rire me fit détourner mon regard et une autre histoire s’offrit à moi : les fameux amoureux ! Ceux-là n’étaient pas assis sur un banc public, mais ils avaient une « gueule  bien sympathique » ! Leur bonheur se lisait dans leurs yeux… Ils sont toujours présents ces amoureux dans les gares. On ne sait pas où ils vont, s’ils seront encore ensemble d’ici un an ou deux, s’ils se quittent ou se retrouvent… La seule certitude que j’avais en les voyant à cet instant précis de leurs vies, c’était leur joie d’être ensemble !
Soudain une odeur de parfum sucré et très présente me fit sortir de cette ambiance romantique : c’était celle d’une femme d’une cinquantaine d’année, maquillée de couleurs vives, toute vêtue de léopard. Elle marchait avec ses talons aiguilles de long en large en cherchant sans avoir l’air d’attendre réellement quelqu’un… et surprise ! Un jeune homme cravaté, tiré à quatre épingles, s’avança vers elle : « Maman… allez viens ! ». Cette mère et son fils semblaient très différents en apparence, rien ne pouvait me faire soupçonner leur lien filial ! Et pourtant… à l’arrivée de son fils, la femme plutôt vulgaire qu’elle représentait pour moi jusqu’alors, prit un air nouveau : celui d’une mère tendre, ravie et fière de revoir son fils…
Puis, vint le passage de cet énigmatique voyageur. Il existe dans toutes les gares… Il est difficile de lui donner un âge, de dire aussi ce qu’il pense, s’il a une famille, une seule chose est sûre, c’est un baroudeur ! Dans son regard, on peut lire l’aisance mais aussi le bien être qu’il a de se trouver ici, dans ce lieu de transit. Rien en lui ne paraît extraordinaire ou inconnu, c’est un homme qui vit de voyages et les attend…
Quelques minutes de rêves et de voyages plus tard, me voici interpellée de nouveau par deux autres personnages, avec l’arrivée de deux petits bonshommes, chapeautés d’un borsalino, moustachus, ce qui leur donnait un vague air de Popeck… Ils sont passés, sans rien dire, sans s’arrêter pour attendre un train ou venir chercher quelqu’un. Ils sont simplement passés sous mes yeux, mais leur présence, leur allure gentiment comique fait que je les ai remarqués.
A cet instant, après avoir prêché la veille et l’avant-veille sur la Bonne Nouvelle, l’arrivée du Christ dans nos vies, la grâce de Dieu qui nous était donnée par lui, une question envahit mon esprit : Comment comprendre cette grâce infinie de Dieu face à cette diversité de modes de vie, d’êtres que m’offrait ce lieu de voyages ?
Je suis toujours mal à l’aise quand on me parle de la toute-puissance de Dieu, pour moi Dieu n’est pas un superman, un magicien ! Mais être dans cette gare m’offrit une autre perspective, celle d’une puissance divine qui peut tous nous reconnaitre, nous chercher, nous aimer… Tous en même temps, la puissance de Dieu nous pouvons la recevoir. Cette grâce donne un autre sens à nos existences : à l’ado qui crache par terre, aux courtoises vieilles dames, au solitaire voyageur, à une mère et à son fils, cette puissance divine vient offrir à chacun de nous le discernement nécessaire pour nous guider vers notre unique et véritable chemin de vie. C’est cela qui rend Dieu puissant, sa capacité à susciter, écouter, diriger, des vies si différentes et complexes…
Comme dans une gare, nous pouvons répondre à cette puissance divine à notre manière : certains prendront le temps de la réflexion pour répondre, anticiperons leur « départ » pour dialoguer avec Dieu. D’autres, les inconditionnels pondérés, « maître du temps » arriveront à écouter Dieu et à lui parler dans les temps. Sans jamais prendre le risque de rater l’occasion. D’autres répondront à la dernière minute, comme lorsqu’on saute du quai sur la première marche du train, avec toute l’excitation et le risque de rater son train, que cela représente.
Heureusement dans cette histoire de voyage vers Dieu, il n’y a pas d’heure juste, parfaite pour arriver ou pour repartir…
AP

jeudi 6 décembre 2012

Justice restaurative

On en a parlé l'an dernier ici même : le concept de justice restaurative consiste à examiner les faits délictueux à la lumière, non pas de la rétribution qui doit leur être attachée, mais de leur effet sur le tissu social et sur les personnes. On s'intéresse donc aux gens, tous les gens impliqués : les auteurs des faits, les victimes, l'entourage, la communauté, la société dans son ensemble. Le but est de "restaurer", autant qu'il est possible, les relations et le bien-être de tous pour un vivre-ensemble acceptable.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas réservé à de petits faits pas trop graves : la justice restaurative est par exemple mise en oeuvre dans le cadre de la commission "Vérité et réconciliation" en Afrique du Sud.
En France, l'aumônerie protestante aux prisons tente de développer cette approche. Les effets en sont parfois étonnants. 
Alors la justice restaurative, comment ça marche ? Vous pourrez vous en faire une idée en visionnant ce film.


samedi 10 novembre 2012

Joyeuse collaboration

Mercredi soir, lors du traditionnel apéro de l'Amicale, Eva Nocquet, pasteur de l'Eglise de Sète et du bassin de Thau, est venue nous parler de son expérience dans sa communauté et partager quelques questions. Comment intéresser des gens à la fréquentation de l'Eglise et de ses activités ? Comment s'adresser à des générations jeunes (les deux "générations absentes", enfants et moins de 50 ans) qui ne voient pas forcément l'intérêt de venir écouter et participer ?
Au cours d'un échange informel, nous avons proposé certaines choses, pour des interventions ponctuelles dans différents lieux possibles, soit dans l'espace protestant (temple, centre familial du Lazaret) soit dans la Cité : une animation autour d'un film avec débat et/ou théâtre forum ; un "culte-autrement" avec musiques modernes et discussion ; une réunion avec les étudiants en théologie, ouverte à tous ; du théâtre autour d'une pièce écrite ensemble pour le projet de vie "constituer un trésor d'Eglise", avec une porte ! Pourquoi pas aussi une "chorale pour tous", comme cela se fait en Allemagne ?
Cela n'aurait pas lieu dans le cadre de l'Amicale (qui n'a pas vocation à ça) mais comme une façon de faire des choses ensemble, d'apprendre au contact de la réalité. Il n'y a pas de génération spontanée, mais peut-être peut-on considérer ces projets comme le signe d'un genre de ministère spontané, dans une joyeuse collaboration !
Pour plus d'infos et proposer vos idées, toujours précieuses, contacter Pascale à l'Amicale.

mardi 6 novembre 2012

ERF on Tour, c'est reparti !

Si vous suivez ce blog depuis un moment, vous connaissez cette aventure menée par un groupe d'étudiants en théologie depuis deux ans. Ca s'appelle ERF on Tour et ça consiste à sortir des murs de la fac pour aller voir ailleurs ce qui s'y fait. Il y a deux étés nous étions en Vendée pour deux semaines dans des Eglises locales, à proposer des rencontres, des animations, des discussions entre acteurs locaux de l'Eglise et étudiants en théo. L'été dernier, nous avons orienté les choses un peu différemment en allant dans l'Est participer à une réflexion et des actions d'évangélisation. On a même distribué du café dans la rue (clic, voir ici) ! Cette réflexion en action nous a passionnés. Comment on fait pour rencontrer ceux qui n'entrent pas dans nos lieux de culte ? est-ce que c'est seulement possible ? pourquoi ? et pour dire quoi ? 
Cette année, l'aventure ERF on Tour va prendre un tour un peu différent. Nous avons été sollicités pour donner un coup de main dans une Eglise locale, à Sète, à deux pas de Montpellier. Actions dans la Cité, rencontres avec les étudiants en théologie, soirées animations... on a plein d'idées et l'Eglise de Sète plein d'envies. Du coup on s'est dit que c'était logique de travailler ensemble. Demain mercredi, au traditionnel apéro de l'Amicale un peu après 18h à la salle Vincent, Eva Nocquet, la pasteur de Sète, vient rendre visite aux étudiants pour une rencontre informelle. Elle nous parlera de la dynamique de sa paroisse et des projets du CP pour s'ouvrir à l'extérieur. Les étudiants pourront parler de leurs envies d'animation, de leurs hésitations à aller rencontrer ceux que nous ne rencontrons habituellement pas, de leur volonté d'aller y voir quand même... Ce sera l'occasion de rêver à ce qui serait possible et d'imaginer ce qu'on a envie de faire ensemble.
Mettre notre théologie à l'épreuve de la réalité, ça fait partie de la beauté des études en théologie !

mardi 31 juillet 2012

Liberté

Agir en ce monde en sauvés...
          et non pour être sauvés
Agir parce qu'on le peut...
          et non parce qu'on le doit
Parce que la liberté nous est donnée...

"C'est pour être vraiment libres que Christ nous a libérés" (Ga 5,1)...
ou comment la fraternité rime avec liberté dans l'aventure estivale d'ERF on Tour 2012 (clic ! clic ! clic !).
Avec des vrais bouts d'acrobatie dedans, et même de l'évangélisation à la réformée...









samedi 14 juillet 2012

Carrefour de l'engagement

Vous trouverez à l'adresse suivante, http://www.engagement-protestant.fr/, une plateforme permettant d'entrer en relation avec de nombreuses associations protestantes pour vous permettre de trouver l'engagement qui vous correspond. S'engager dans une association protestante aujourd'hui, c'est donner du sens à son action... Stages, CDI, CDD, service civil... beaucoup de choses sont possibles. A vous d'aller voir !

mercredi 11 juillet 2012

Dans la rue...

     


C'est pas nous qui sommes à la rue, c'est la rue qui est à nous, chante ce sympathique groupe du même nom, la rue Kétanou...
la rue, lieu de rencontre, encore...
D'une bonne nouvelle? pourquoi pas?
Une Belle Porte, vers dehors.
Tic-Tac.
La rue évoque beaucoup de choses pour nous, nos déplacements quotidiens, nos gestes automatiques et notre démarche de robot pour se rendre, vers quelque part, selon nos agendas, au travail, au tic-tac de nos montres et de nos pas pour courir après le temps, avec lui, de la porte de chez nous, vers la porte d'ailleurs. De porte en porte.
Toc-toc.
Lieu de la misère aussi, lieu de mendicité, que nous ne voyons pas toujours car elle est à côté. A part, à côté de notre itinéraire fixe, et de tous les fixes de notre drogue quotidienne, notre dose des soucis du quotidien et de notre train-train, tram-tram, métro-métro, pas à pas...
 La rue est donc l'espace ou nombreux s'effacent dans la masse ou cherchent, se tracent une place.
Serait-elle aussi lieu d'un appel?
"pssssssssst..." "hep, s'il vous plaît!", "pardon, excusez-moi, je cherche..."
"monsieur!!" "madame" "et toi là!"

Ou encore comme cette rencontre avec Bernard.
"ah toi là! John Lennon! Je t'ai reconnu! Bon, euh, je te déranges pas hein?!  Tu sais moi, j'ai roulé ma bosse."
...
"Et toi, tu fais quoi dans la vie?"
...
"Des études pour faire pasteur, non, mais un truc, un travail quoi? seulement ça!"
...
"Bon, ça te dis qu'on aille boire un coup, non? "
...
" Pasteur, la religion, j'y crois pas ton truc..."
...
"Tu fais ça parce que tu ne sais rien faire d'autre non?"
...
"Ah oui, toi, c'est la religion, tout ça, moi, c'est pas mon truc... il faut voir les guerres, le Liban..."
...
"Non, je t'aime bien, mais j'y crois pas ton truc, mais bon, t'as l'air sympa."
...
"Tu sais, je m'en fous de toutes ces trucs là, les religions, moi j'aime les gens. A quoi ça sert d'être là et de ne pas se voir, chacun de son côté. Je veux juste discuter, rencontrer les gens, et partager ça, parce que ça sert à rien la vie sinon"
...
Alors, bonne nouvelle ou pas?
Aimer les gens et les rencontrer en leur racontant un brin de vie comme Bernard. Mot après mot.
Dans nos peurs de rencontrer l'autre, alors qu'on se barricade plein de retranchements, et que nos questions résonnent par rapport à un autre, Qu'est-ce qu'on va dire? Est-ce que je passe pour un fou, un illuminé, un marginal, à part.
Oui, pourquoi pas... pas à pas.
Pas à pas, mot à mot, simplement rencontrer l'autre, c'est chouette, comme ça, c'est beau, être là!
à côté, à part, pour partager.
Parce qu'on n'est pas là pour être tout seul et qu'on peut continuer à parler malgré tout.
Et même dans la rue.
Là aussi, la rue peut être un endroit de partage, où nos chemins peuvent faire plus que se croiser, un lieu à part.
se déplacer, faire un pas de côté.
Pas à pas.
Est-ce que je dis toujours la même chose, j'écris toujours la même chose, la même chose, la même chose...
Peut-être, mais j'ai la chance de pouvoir le dire! La grâce! Si vous voulez on en parle, à la croisée de chemins.
 Tiens, hé oui, alors c'est vrai , des fois, ça m'arrive de parler religion, après tout, je fais de la théologie. Et oui, il y a des guerres et des guerres de religion. Mais, allez, tiens, parlons de croisade, c'est ce que je choisis finalement! La croisade des chemins, croiser l'autre simplement sans rien imposer, de toute façon, on est là, et peut-être qu'à la croisée des routes, il y a une rencontre. Et une Belle Porte qui s'ouvre, dans la rue avec un regard, un sourire, un mot.


Bonjour, excusez-moi, je t'aime bien!


                                                  tic-tac, toc-toc, note-note... ré-mi

mardi 26 juin 2012

Au lait et miel de la rencontre


     


   

      Pour rester dans le ton de l'Indonésie d'hier, où paraît-il c'était cuisine;
 Depuis ma suffragance, je voudrais partager moi aussi une "recette?" où j'ai pu rencontrer ces deux ingrédients délicieux... le lait et le miel.
      Malgré le goût amer que nous pouvons avoir au cours de nos études, ou encore dans nos vies, la théo c'est beau, c'est doux! c'est bon comme le miel et le lait, quand elle nous permet de partager.
Quand on la vit à la fac avec les amis!
Mais aussi, quand elle nous permet d'appréhender la réflexion sur Dieu et que nous pouvons y trouver de quoi relire nos vies. Quand elle nous permet de nous confronter à la réalité d'une paroisse et de la rencontre des "vrais gens". Hé bien oui, car il y a quand même un moment où on se demande où on en est par rapport à la vraie vie après un parcours à la fac de théo et parmi tous nos sympathiques camarades avec qui on se sent par moment un peu extra-terrestre pour la société, et avec qui on peut échanger nos questions, nos doutes, nos chemins en les mettant côte à côte, en vis à vis.
   Certes, il faut veiller particulièrement à la manière avec laquelle se noue la relation avec les paroissiens, mais, finalement, sur le terrain, en paroisse, ce n'est peut-être pas si différent car définitivement, l'étudiant en théo, le docteur de la loi, le pasteur n'a pas un statut privilégié qui lui donnerait plus de réponse.
     De nombreuses questions certes ont pu être étudiées tout au long du parcours. Mais nous gardons tous cette fragilité, cette incapacité à faire ou à dire dans telles ou telles situations.
     A tel point que nous nous interrogeons, comment avancer dans ce désert, là où il n'y a plus de chemin, là où nous n'avons plus de réponse et face à notre impuissance?
Et dans chaque visite, et avec chaque personne, quelles que soient les études, quels que soient les chemins parcourus et le vécu personnel, rien n'est transposable, superposable, substituable. C'est toujours dans cette conscience que chaque chemin est unique que nous pouvons avancer.
     Alors comment garder pour nous le message de cette radicalité de l'Evangile pour pouvoir le témoigner. Et que penser de ce message qui s'adresse à nous aujourd'hui, quand nous avons l'impression aussi, qu'il dit quelque chose pour notre société, qu'il la remet en question et qu'il remet en question les rapports fondamentaux entre les uns et les autres?
     Pour chaque rencontre, chaque visite, nous avons à remettre en question cette Parole pour nos vie et pour qu'elle soit Parole de vie dans la rencontre, non pas pour que cette parole change l'autre, mais pour qu'elle puisse nous changer ensemble pour faire le choix de la vie afin de vivre.
      Mais concrètement?...
Concrètement, là où notre société et chacun de nous a cette tentation de vouloir justement donner une parole et une réponse, pour toute chose. C'est à l'écoute d'une parole autre que nous nous en remettons. Cette parole de la personne que l'on rencontre, et cette Parole qui nous "retourne" et peut nous relever.

Dans ces moments de suffragance, il y a effectivement ces visites, ces rencontres que nous sommes amenés à vivre.
Et il arrive parfois, au coeur d'une visite, qu'on n'ait plus de mots.
Même à ce moment sans mot, peut se révéler une intention de prière, un sujet. Cette parole humaine qui veut nouer le contact avec Dieu, cette parole fragile qui veut continuer à dire là où on est impuissant, là on on ne peut plus dire. Parfois, avec une prière, il s'agit d'une intention que l'on laisse à l'attention de l'autre, qui dit aussi que l'on a pas de mot ou qu'on ne veut pas les imposer à Dieu ou à l'autre, même si on accepte de se placer en prière pour que ça continue à parler au delà de nos mots... Et parfois, des mots sortent, face à l'inconnu(e), dans l'inattendu de cette rencontre, des mots qui se disent, sans se la raconter, des mots qui acceptent de remettre l'intime et le partager dans la confiance que ces mots et ces maux déposés prendront une autre dimension pour nous grâce au Seigneur en lequel on se confie.
Alors, oui, même une parole amère, même au creux de tout ce qui est le plus difficile à avaler de nos situation, on peut avoir l'espérance que cette parole dans nos bouches, nos oreilles et pour nos vies devienne lait et miel, Parole d'une promesse, la promesse que Dieu est là, qu'il est présent dans la rencontre, au delà de nos frontières. Dans la rencontre de l'autre coule le lait et le miel de Dieu.
Alors, c'est vrai, je vous parlais de recette et je vous laisse sur votre faim... mais finalement, on dit bien, l'ingrédient essentiel pour toute recette... c'est l'Amour, n'est-ce pas?...
RD

jeudi 14 juin 2012

Vacance... en France... suffragance....

...et pendant ce temps là de l'autre côté du monde,des petits villages et des petites villes d'irréductibles paroissiens résistent encore et toujours sans pasteurs.



"Bonjour je suis le pasteur suffragant de votre paroisse
- ah bonjour monsieur Suffragant.
- euh, en fait suffragant, ça veut dire en gros que je suis le remplaçant du pasteur, je vais rester pendant un mois avec vous.
-ah ce n'est pas votre nom Suffragant?! Bonjour pasteur!
- en fait, je ne suis pas encore pasteur, je suis encore étudiant et puis vous pouvez m'appeler par mon prénom!
- Ah d'accord! Oh tenez voilà mon épouse. Alors, voici ma femme, et tiens, c'est le pasteur!"

Durant ces périodes de vacance sans pasteur, certains étudiants choisissent la possibilité de faire une suffragance au cours de leurs vacances et quoi qu'il arrive et les vaines tentatives de dire qu'ils ne sont pas pasteur, ils le seront toujours pour les uns ou les autres.

Mais quel drôle de mot aussi, suffragant! Une définition du dictionnaire : « Personne qui a droit de suffrage dans une assemblée. Se dit d'un évêque en dépendance canonique d'un archevêque ». Ça nous dit peu de chose pour nous protestants ! C’est dans un extrait de la Discipline de l'Église Réformée de France que l’on a une meilleure idée. « Au service de l'Église Réformée de France, le suffragant participe à "la mission que le Seigneur confie à l'Église universelle, annoncer, servir et vivre l'Évangile auprès de tous les hommes".

Oui avec un mot plus simple, le suffragant est celui qui assure un intérim à un moment où il n'y a pas de pasteurs, soit que le poste soit vacant, le pasteur en vacances, ou encore que le pasteur soit souffrant.
Dès lors on pourrait dire que le suffragant est aussi celui qui maintient le lien… entre les études de théologie et la réalité de l’Église, et entre l’Eglise, le conseil presbytéral, et les paroissiens.
         Car dans ces temps particuliers où les Eglises locales souffrent de l'absence de pasteur, c’est à chacun qu’il est donné de maintenir le lien, d’être relié par ce fil fragile d’une prière adressée à Dieu, et aussi dans nos rencontres quotidiennes, et la rencontre hebdomadaire de la parole de Dieu au centre du culte. 
         Dès lors, il est nécessaire pour les paroisses que plusieurs prédicateurs laïcs puissent prendre le relais pour assurer la présidence des cultes, et des actes pastoraux, baptêmes, mariages, et le plus redouté, les services funèbres.
         Ainsi le suffragant vient aider et prendre la relève un cours moment, pour les cultes et les actes pastoraux mais aussi pour des visites auprès des personnes isolées ou qui le souhaitent, des études bibliques, veillées oecuméniques, animations d'école biblique quand la suffragance est encore à un moment "actif" de l'Eglise, comme au mois de juin.
         Et il m'a même été donné de présenter l'histoire du protestantisme dans une école catholique. 
Tout ça permettant donc de mettre en pratique ce que nous apprenons en Théologie dans tous les domaines, à Montpellier ou en Indonésie pour notre camarade qui m'a amicalement cédé la place de cet intermède sur le blog avant de reprendre ses billets (mais pas encore d'avion!) et le lien avec l'étranger, les autres cultures et les autres réceptions de la théologie à travers le monde.

Et du lien, c’est bien ce dont il s’agit dans la "religion" selon l’étymologie du mot « relier »
Ce n’est donc pas un lien qui doit nous attacher et nous enfermer, mais plutôt une relation qui permet de mieux être connecté avec un Autre. Comme sur Internet, suivre le lien qui nous permet d’ouvrir une nouvelle fenêtre… Lien qui nous ouvre un regard neuf avec lequel on relie et on relit cette Bonne Nouvelle au cœur de nos vies. Et oser à nouveau sortir de nos petits écrans, dépasser la rencontre virtuelle pour ouvrir une fenêtre de notre cœur sur l’autre, et s’en rendre proche dans notre réalité, afin qu’elle résonne de ce lien d’Amour qui nous est donné.

R:D

jeudi 24 mai 2012

Justice, justesse

Mardi soir s'est tenue à Sète une de ces belles réunions dont nos Eglises ont le secret : des gens souhaitent évoquer ensemble un thème de société en y réfléchissant à la lumière de l'Evangile. Ce soir-là, le thème était la justice, et plus précisément la "justice restaurative". L'aumônerie nationale aux prisons de la FPF (dont nous avons reçu l'an dernier le responsable, Brice Deymié, pour une soirée de l'Amicale) a en effet fait traduire récemment aux éditions Labor et Fides un ouvrage d'Howard Zehr consacré à la justice restaurative. 
Le principe de cette justice qu'on pourrait dire aussi "réparatrice" (ce qui est peut-être plus parlant) est des plus simples. Il consiste à poser d'emblée que ce qui importe le plus, ce sont les personnes et les relations interpersonnelles. Dans l'Ancien Testament, on trouve notamment ce beau mot de shalom, traduit souvent par paix, mais qui recouvre beaucoup plus. C'est un état de bien-être pour chacun au sein d'une communauté humaine, bien-être par rapport aux autres, à Dieu et à soi-même. "Dans une paix", "dans la paix donnée par Dieu", sont des expressions qui reviennent souvent et désignent cet état, précieux entre tous, d'équilibre dans une communauté humaine sous le regard de Dieu. Dans d'autres civilisations on trouvera d'autres mots, qui désignent toujours la même chose : ubuntu en bantou, hozho pour les Navajos ou whakapapa pour les Maoris.
Dans la philosophie de la justice restaurative, lorsqu'il y a eu infraction, il faut réfléchir dans ce cadre-là et se poser la question "et maintenant, on vit comment ?" Non seulement la victime, mais aussi celui qui a causé le tort, et la communauté tout entière. Disons tout de suite que cette perspective a été utilisée en Afrique du Sud et au Rwanda pour permettre de surmonter les traumatismes pour vivre à nouveau ensemble, en mettant en place des possiblité de rencontre, pour dire la faute, réparer lorsque c'est possible, prendre des engagements en commun pour affronter l'avenir. Ca ne répare pas l'irréparable, mais ça donne une chance à l'espérance. Et ça marche.
Il existe des outils qui permettent de mettre en oeuvre ces principes. Il s'agit notamment de permettre à chacun de dire ce qui s'est passé pour lui, pour elle. En effet, bien souvent dans nos tribunaux, ce sont les avocats et les juges qui causent... mais il est rare qu'une parole de vérité puisse émerger et venir poser des mots pour chacun sur ce qui s'est passé. Or c'est essentiel. Pour recommencer à vivre. Pour pouvoir dire "je suis coupable de ça" ; pour pouvoir dire "j'ai souffert de ça". Pour qu'une communauté (les proches, les gens du quartier, la famille élargie, etc.) puisse prendre acte de ce qui s'est passé et soutenir la victime comme l'infracteur pour revenir à une vie acceptable, il faut que ça soit dit. Et que chacun sache, ensuite, les étapes qui mèneront à la possibilité, peut-être, de revivre en harmonie autant qu'il est possible. 
Lorsque la justice "rétributive" s'intéresse à la culpabilité de l'infracteur, la justice "restaurative" s'intéresse aux besoins de chacun (victime, infracteur, communauté) et aux obligations qui en découlent. Lorsque la justice rétributive se préoccupe de la sanction, la justice restaurative recherche la réparation (de la faute lorsque c'est possible, mais surtout des liens humains). Lorsque la justice rétributive réfléchit en termes de torts faits à la société, la justice restaurative parle de torts commis envers les autres et envers soi-même. 
Est-ce à dire que la justice restaurative est amenée à remplacer la justice rétributive et qu'un beau jour nos prisons seront vides ? Non sans doute. Ce sont deux modèles différents, mais ils sont sans doute complémentaires. 
Quoi qu'il en soit, il y a tout à gagner à repenser notre conception de la justice en mettant au centre le respect de la personne. Après tout, nous sommes bien là pour témoigner de ce que ce respect est inconditionnel de la part de Dieu. Ca s'appelle la grâce. Et ça signifie que personne n'est enfermé pour toujours dans la fatalité : la grâce, ça rend libre. En prison comme ailleurs. 

mardi 8 mai 2012

lundi 7 mai 2012

Confession de foi - Double nationalité

à méditer en cette période électorale :
Double nationalité
Je crois que j’ai reçu du Seigneur la double nationalité.
Je suis citoyen d’un autre pays où l’on ne me demande jamais mes papiers,
Où l’on m’accueille en tant que frère ou sœur,
Et où la couleur de mon vêtement, de ma peau ou de mon argent n’ont aucune importance.
Je suis citoyen d’un autre pays où les lois sont respectées
Parce qu’elles sont écrites dans les cœurs et pas seulement dans la pierre ou sur papier,
Et où personne ne perd son temps à réclamer ses droits
Parce que chacun préfère s’appliquer à être fidèle à ses devoirs.
Je suis citoyen d’un autre pays où Celui qui règne
N’a pas besoin de consacrer la moitié de ses mandats à sa réélection,
Parce que sa légitimité est acquise et n’est pas à conquérir.
Je suis citoyen d’un autre pays où la fin est plus importante que les moyens,
Où la relation est plus considérée que la domination,
Où la parole et la confiance ne sont pas de vains mots.
Et parce que je suis citoyen de cet autre pays,
Ma façon de penser, d’être et de vivre sur cette terre a changé irrémédiablement.
Je vis, je me lève et je parle à mes contemporains
En tant qu’ambassadeur d’un autre monde où tout est possible
Et je crois que ce possible est ouvert aux hommes et aux femmes de notre pays.
Amen
Par le pasteur Gilles Boucomont : confession de foi, dimanche 8 octobre 2006 – Temple du Marais

Simon

dimanche 6 mai 2012

Intercession


(Prière de Karl Barth, le 10 mars 1940, à Bâle)

Nous te louons et nous te bénissons de nous avoir révélé ton amour.
Fais nous la grâce de marcher d’une manière digne de la vocation que tu nous as adressées en ton fils
Souviens toi de ton peuple dans le monde entier :
Nous te prions pour l’Eglise qui dort, afin que tu la réveilles ;
Pour l’Eglise sur la croix, afin que tu l’assistes de ta force ;
Pour l’Eglise fidèle, afin qu’elle recherche ta seule gloire.

Souviens toi de ceux qui détiennent le pouvoir et la force :
Nous te prions pour tous ceux qui gouvernent,
Afin que tu leur apparaisses comme le maître dont ils sont les serviteurs.
Nous te confions ceux qui gouvernent bien, afin que tu les affermisses,
Et ceux qui gouvernent mal, afin que, selon ton bon plaisir,
Tu convertisses leur cœur ou que tu mettes un terme à leur pouvoir.

Souviens toi de ceux qui passent par l’épreuve :
Nous te prions pour ceux qui doutent, afin que tu leur donnes la foi ;
Pour ceux qui s’égarent, afin que tu les rencontres ;
Pour ceux qui sont seuls ou abandonnés, afin que tu leur envoies des frères.
Nous te confions les affligés, les malades, les mourants,
Afin que ta force se manifeste dans leur faiblesse.

Dieu tout-puissant, notre père, qui accueilles avec bonté nos prières,
Permets qu’à travers elles, nous t’apportions aussi l’offrande de nos vies,
Par Jésus-Christ, notre Seigneur,
Amen

vendredi 4 mai 2012

Amoureux au ban public


(L'Amicale se fait le relais d'appels qui nous semblent résonner avec ce que nous avons à dire, en tant que chrétiens, sur notre engagement dans la Cité. A chacun ensuite de se faire son opinion et de juger de son propre engagement.)

La Ligue des Droits de l'Homme de Montpellier, la Cimade et le collectif des Amoureux au ban public vous invitent à la projection-débat du film de Nicolas Ferran sur les couples franco-étrangers "Les Amoureux au ban public" le 20 mai à l'Utopia à 10h30. Ce documentaire donne à voir des témoignages émouvants de couples mixtes dont l'un des conjoints est sans papiers. Nicolas Ferran, qui a lancé ce collectif de défense des conjoints de français en 2007, sera présent.

Sur ce film, voir le lien suivant : http://amoureuxauban.net/film/

Au nom de la lutte contre les “mariages blancs” et de la “maîtrise” de l’immigration familiale, releguée au rang peu envisable d’”immigration subie”, les couples franco-étrangers subissent depuis plusieurs années le durcissement continu des lois et des pratiques administratives.

Avec intensité et émotion, 13 couples décrivent dans ce film un parcours du combattant pour se marier en France, faire transcrire un mariage célébré à l’étranger, obtenir un visa pour la France ou bénéficier d’un titre de séjour. Ils racontent leur peur ou leur vécu de l’expulsion, leur révolte de devoir vivre cachés ou séparés, le traumatisme des arrestations à domicile, l’opacité des administrations, les interrogatoires répétitifs destinés à vérifier la sincérité de leurs sentiments, la difficulté d’obtenir le respect de leurs droits.

Dans les mairies, les consulats, les préfectures, les commissariats, on découvre alors l’extraordinaire complexité des procédures, une confrontation jusqu’à l’absurde avec une législation qui a ajouté des contrôles aux contrôles, des conditions aux conditions, et toujours plus d’arbitraire, d’intrusion dans les choix de vie personnels de ces couples. Leurs témoignages ne relatent pas des dysfonctionnements exceptionnels. Ils mettent à jour une véritable politique répressive qui a décrété la mise au ban des couples franco-étrangers dans notre pays.

* Horaires: A partir de 9h45: petit-déjeuner sur place. Projection à 10h30 suivie d'un débat avec Nicolas Ferran. Durée du film: 1h10. Tarif: 3,5 euros