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mercredi 17 octobre 2012

L'Amicale, année nouvelle

Il y a une semaine avait lieu l'élection des nouveaux membres du Conseil de l'Amicale des étudiants de l'Institut protestant de théologie de Montpellier. La preuve, en photos !

Le Conseil
(de g. à d. derrière) Pascale, Dominique, Maxime, Lucas, Claire, Elda, Hélène, Romy, Guy, Anna
(de g. à d. devant) Rémi, Vanessa, Juliane
Le Bureau


L'ancien présidus, l'ancien vice-présidus, la nouvelle présidente, la nouvelle vice-présidente (comme dirait Nicolas, sur deux ans la parité est respectée)

Amicale passation de pouvoir

samedi 4 août 2012

Cours, jette !

Pour une suffragance en août, il est conseillé d'aimer les courgettes, les tomates et les haricots du jardin. Quand on est dans le Sud-Ouest, il n'est pas inapproprié d'aimer aussi le confit et le jambonneau. Ca tombe bien, c'est mon cas. Les fenêtres du presbytère donnent sur la Montagne Noire et quand la pluie tombe sur Mazamet, les éclairs éclairent jusqu'à Saint-Amans. Le reste du temps, les grillons chantent. 
Le premier jour, des pots de confiture nous attendaient en même temps que les légumes frais et des paroles de bienvenue ont résonné avec les recommandations pour l'aspirateur récalcitrant. Le deuxième jour, j'ai eu la surprise de devoir assurer deux cultes en maison de retraite au débotté. Quand c'est comme ça, on n'a plus le temps de se torturer l'esprit à se demander si on est bien digne de tout ça. Et c'est en parlant, en serrant une vieille main dans la sienne, qu'on se dit que le Christ est partout sur nos chemins de vie. Jusqu'au bout. 
On court comme un "vrai" pasteur, on passe d'une activité à l'autre, d'un temps de méditation à une animation biblique, d'une quiche à mettre au four pour le repas partagé à un plongeon dans le grec pour la prédication du dimanche, d'une recette de pâte à sel à une bataille avec internet, de mots partagés dans un vieux texte à une réflexion sur l'ici et maintenant de la foi. Et on espère jetter ici ou là quelques paroles qui, venues d'ailleurs, diront quelque chose de ce mystérieux Evangile qui ne fait que nous échapper, parce qu'il ne nous appartient pas. 

samedi 26 mai 2012

C'est maintenant !

(Quelque part sur cette photo se trouve notre président Basile, saurez-vous le retrouver ?)

La semaine dernière s'est tenu à Belfort le synode qui inaugurait la vie commune entre l'Eglise réformée de France et l'Eglise évangélique luthérienne de France, au terme d'un long processus, complexe et souvent technique. Aujourd'hui, il nous reste à vivre cette Eglise et à porter au-delà de son seuil ce qui est la Bonne Nouvelle pour nous et pour chacun. Quelle aventure, quelles aventures en perspective !
Nous vous invitons à aller voir le blog consacré à cette union (clic) ; il est très bien fait, plein de photos (notamment celle des 8 nouveaux ministres), de textes, de vidéos, allez donc y butiner !
Ici, nous reproduisons le message du synode, adressé aux paroisses et aux ministres de nos Eglises.


Frères et sœurs.
Nous venons de vivre un temps de grâce. Désormais, une nouvelle page de la vie de nos Eglises – ou plutôt : de la vie de notre Eglise – s’ouvre devant nous.
Réunis à Belfort, nos deux synodes ont adopté les textes qui organiseront la vie de l’Eglise protestante unie : Constitution, Statuts, etc. L’objectif fixé par nos synodes réunis à Sochaux en 2007 est donc atteint : l’Eglise protestante unie de France - Communion luthérienne et réformée existera pleinement en 2013 !
Ce pas décisif engage notre avenir commun. Il a été rendu possible par l’inlassable labeur des équipes qui depuis des années ont préparé ces décisions, par l’engagement des assemblées locales et des conseils presbytéraux, par le travail méticuleux des synodes régionaux et de l’Assemblée préparatoire commune. Nous sommes redevables les uns aux autres de cette réussite et nous pouvons mutuellement nous en féliciter.
Mais, ensemble, c’est à Dieu que nous voulons exprimer notre reconnaissance. « Ecoute ! Dieu nous parle... Oui, nous croyons que son Esprit nous conduit dans cette démarche d’hospitalité et de renouvellement. Oui, nous croyons qu’il nous appelle à être des témoins plus audacieux et plus confiants de son Evangile pour le monde. Oui, pour l’union qui se réalise et pour le chemin ainsi ouvert, à lui notre merci !
Dans quelques jours, lorsque les statuts de l’union nationale auront été déposés, l’Eglise protestante unie sera une réalité juridique. A l’automne prochain, les associations cultuelles adopteront leurs nouveaux statuts. En mars, les synodes régionaux éliront les instances régionales et leur délégation au synode national. En mai et juin 2013, nous célébrerons la naissance de l’Eglise protestante unie de France. 
Nous vivons d’une confiance reçue de Dieu, partagée, contagieuse. Cette parole de grâce première et dernière, c’est la bonne nouvelle que nous découvrons au cœur des Ecritures. C’est le message que la Réforme protestante a remis au premier plan. C’est une affirmation d’une pertinence inégalée aujourd’hui. Fondée sur cette confiance, l’Eglise protestante unie de France veut être une Eglise qui atteste de sa foi, une Eglise de témoins, une Eglise confessante.

A Celui qui peut, par la puissance qui agit en nous,
faire infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire, dans l’Eglise et en Jésus-Christ, de génération en génération et aux siècles des siècles ! Amen ! (Ephésiens 3, 20-21) 

mercredi 23 mai 2012

Assemblée du Désert

Chaque année, le premier dimanche de septembre depuis 1911, se tient au Mas Soubeyran à Mialet le rassemblement que l'on appelle "l'Assemblée du Désert" (clic), sous les châtaigniers, juste à côté du Musée du Désert qui évoque l'histoire du protestantisme en France et tout particulièrement dans cette région des Cévennes. Le matin, il y a un culte avec Sainte Cène en plein air et l'après-midi, une série de conférences.
Chaque année aussi, l'IPT Montpellier y tient un stand, qui est l'occasion de rencontrer le petit monde du protestantisme, anciens et futurs étudiants compris. La faculté tient à être représentée par des étudiants : il s'agit d'installer le stand, de faire acte de présence pour discuter avec les uns et les autres, puis de démonter le stand le soir, ça peut donc se faire sur une journée. Ce sera cette année le dimanche 2 septembre.
Merci de vous faire connaître, soit à notre adresse mail, soit auprès de Mireille, pour participer à ce moment, toujours agréable. Ce n'est quand même pas tous les jours qu'on a l'occasion de chanter La Cévenole !


dimanche 20 mai 2012

Le temps qui passe


A l’heure où d’aucuns consultent leur montre à l’envers, que dire du temps qui passe et qui file ici, à l’IPT ? Mercredi soir, nous avons fêté la fin de l’année. Comme une sorte de réponse rituelle à la journée de rentrée que nous avons vécue en octobre dernier. Comme une parenthèse ouverte et refermée. Mais dans notre chère faculté, nous ne sommes pas hors du temps ni hors du monde, à l’abri d’une parenthèse enchantée – même si parfois on aimerait bien y croire et se faire comme un cocon.
Le temps file ici comme ailleurs. Et si ce fut joyeux, très joyeux même, de se retrouver, de s’écouter, de rire ensemble, il flottait comme un air de nostalgie. Notre Président Basile, qui restera dans l’histoire de l’Amicale pour la grandeur de sa présidence et la joie de son rire (et le nom du terrain de sport désormais baptisé « Stade Basile Zouma »), nous a régalés de ses blagues que tout le monde attendait. Le musicien émérite Herizo, accompagné de Nicolas le batteur-clown-comparse d’Eloïse-et-vice-président extraordinaire et de Christophe-mais-il-nous-avait-caché-cette-voix (ainsi que de la douce Julia et de Lysiane la discrète et plus tard, de Marie-Ange sous la déchirante pluie de Nantes), a animé la soirée avec entrain et une guitare. Notre secrétaire Rémi, attentionné pour tous, riait pour dix et en faisait rire cent. Arnaud, notre barthien favori, n’était pas là, mais on a pensé à lui. Ces six-là, Basile, Herizo, Nicolas, Christophe, Rémi et Arnaud, se préparent à voguer de leurs propres ailes comme on se laisse porter par les textes en hébreu, et ça ne va sans doute pas sans un certain pincement au cœur. L’an prochain, ils seront nos « Master-Pro » comme on les surnomme en groupe. Comme ils sont tous, à un titre ou à un autre, impliqués massivement dans la vie de la faculté, il y a quelques inquiétudes quant à la relève de l’an prochain, mais on est heureux pour eux et avec eux de ce chemin qui continue vers leur vocation pastorale. Et puis on les verra une semaine par mois, prétexte à renouveler nos fameux apéros du mercredi...
Ce qui est certain, c’est que cette faculté est profondément vivante. Imparfaite ? Peut-être. Trop ci ou pas assez ça ? Ça se discute. Mais lieu de maturation et de renouvellement pour notre foi, nos connaissances et nos Églises, c’est certain. Ceux qui sortent d’ici ne sont pas les mêmes que ceux qui y sont entrés. Et pour faire écho à la prédication d’Elian Cuvillier ce mercredi soir, peut-être bien que ceux qui ont eu le courage de venir ici et d’y rester, même s’ils ont pu parfois s’assoupir, sont assurés de rentrer dans la vie avec confiance.
A ceux qui seront là l’an prochain, nous souhaitons avec notre doyen un beau temps de vacance, de ressourcement, de repos, et nous disons à très bientôt, avec bonheur.
A ceux qui partent, nous souhaitons un chemin ensoleillé et joyeux, et la confiance dans l’avenir.
A tous, nous souhaitons de bonnes vacances, et pour que le temps ne file pas trop vite, nous vous souhaitons la grâce que les amitiés et les souvenirs tricotés ici vous accompagnent longtemps.  

vendredi 11 mai 2012

Retraite à Pomeyrol

La fin des examens, la fin de l’année, la fin d’un cycle ? La fatigue du corps ? la fatigue de l’esprit ? Entrer en présence du présent, dans le silence, la nature, rythmé par 3 temps de prière... La communauté religieuse de Pomeyrol vous accueille. Soeur Christiane que nous avons accueillie à l’Amicale en avril nous l’a dit. Alors pour certains peut-être ces paroles sonneront juste, maintenant ou plus tard. 
Sachez que la démarche est d’une extrême simplicité : il suffit d’écrire à la communauté (clic pour le mail), de proposer des dates et de recevoir la confirmation. Pour plus d’informations vous pouvez aussi consulter le site de la communauté (clic). 

dimanche 6 mai 2012

Intercession


(Prière de Karl Barth, le 10 mars 1940, à Bâle)

Nous te louons et nous te bénissons de nous avoir révélé ton amour.
Fais nous la grâce de marcher d’une manière digne de la vocation que tu nous as adressées en ton fils
Souviens toi de ton peuple dans le monde entier :
Nous te prions pour l’Eglise qui dort, afin que tu la réveilles ;
Pour l’Eglise sur la croix, afin que tu l’assistes de ta force ;
Pour l’Eglise fidèle, afin qu’elle recherche ta seule gloire.

Souviens toi de ceux qui détiennent le pouvoir et la force :
Nous te prions pour tous ceux qui gouvernent,
Afin que tu leur apparaisses comme le maître dont ils sont les serviteurs.
Nous te confions ceux qui gouvernent bien, afin que tu les affermisses,
Et ceux qui gouvernent mal, afin que, selon ton bon plaisir,
Tu convertisses leur cœur ou que tu mettes un terme à leur pouvoir.

Souviens toi de ceux qui passent par l’épreuve :
Nous te prions pour ceux qui doutent, afin que tu leur donnes la foi ;
Pour ceux qui s’égarent, afin que tu les rencontres ;
Pour ceux qui sont seuls ou abandonnés, afin que tu leur envoies des frères.
Nous te confions les affligés, les malades, les mourants,
Afin que ta force se manifeste dans leur faiblesse.

Dieu tout-puissant, notre père, qui accueilles avec bonté nos prières,
Permets qu’à travers elles, nous t’apportions aussi l’offrande de nos vies,
Par Jésus-Christ, notre Seigneur,
Amen

jeudi 22 mars 2012

Quand l'actualité vous (r)attrape

Comme beaucoup d'autres concitoyens, je rattrape au vol les infos de 20h pour me jeter dans le ramdam médiatique qui analyse (en moins de 30 heures de temps!), décrypte, décortique le profil psycho-socio-religieux du tueur de Toulouse et Montauban. Entre nous, j'aimerais bien faire une exégèse en autant de temps.
Mais c'est lorsque les trois photos des militaires assassinés apparaissent à l'écran, qu'un des visages me donne l'impression de déjà vu...
Oui. J'avais oublié le nom, mais pas le visage. Imad était le responsable de la cellule "escale aérienne" du camp d'Abéché, à l'ouest du Tchad lorsque j'y ai été envoyé l'été dernier au titre d'aumônier militaire. J'avais passé deux semaines à Abéché où j'ai vécu des instants hors du commun. Imad était chargé de toute la préparation des vols de ravitaillements, des sauts opérationnels, de la logistique pour chaque vol. Bref, il était le guichet embarquement du camp. Nous avions eu l'occasion de bavarder de longs moments et à de nombreuses reprises tous les deux, dans son petit bureau au coin gauche du hangar hélico, ou bien à table au réfectoire. C'est lui qui m'avait arrangé le coup pour que je puisse embarquer lors d'un saut opérationnel pour assister au largage de ses homologues parachutistes du 35ème RAP (Régiment d'Artillerie Parachutiste).
Je me rappelle un gars délicieux, d'une discrétion et d'une finesse qui faisait contraste avec la démarche primesautière et virile des jeunes recrues faisant le gros des troupes. Puisque les liaisons entre Abéché et Ndjaména (le camp principal) n'étaient pas toujours régulières, je me souviens lui avoir couru après pour connaître les dates qu'il avait... "Mais vous êtes bien avec nous M'sieur l'aumônier!" qu'il me lançait à chaque fois...
Mais le Maréchal des Logis-chef Ibn Ziaten est mort... Mort parce qu'il était musulman et militaire français et qu'à ce titre il incarnait la figure d'un traître...
Ca ne vous rappelle rien? Si avec François Bovon l'on peut à peu près être certain que le Jésus historique a dû finir dans une fosse commune (je vous renvoie à son commentaire de l'évangile de Luc), je vous laisse deviner ce qui a pu arriver au Judas de l'histoire... Il y a fort à parier qu'il ne n'est pas "tombé la tête la première et s'est éventré de telle sorte que ses intestins se sont répandus" (Ac2:18)... tout seul!
Mais ça, je vous laisse y réfléchir.

Le Christ veillera sur les proches d'Imad, et avec nos prières.

Arnaud

vendredi 9 mars 2012

Pour un christianisme du partage, pas de la croisade

Ce qui suit est un appel en forme de pétition. Signé par un grand nombre de chrétiens et de non chrétiens, il est paru dans Témoignage Chrétien et dans Le Monde (daté du 21 février). Vous pouvez signer la pétition ici (clic).


Le 12 février, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Radio France Politique. Il a dé­noncé les dérives extrême-droitistes de la majorité, illustrées par les récentes déclarations de Claude Guéant et Nicolas Sarkozy. Il a salué la prise de position de François Bayrou et en a appelé aux chrétiens : «Il est temps quand même que des chrétiens, comme lui, commencent à dire que, au fond, il y a deux christianismes, celui des croisades et celui de saint Martin : partager son manteau sans aller demander les papiers à celui à qui on donne le morceau pour qu’il ait chaud.»

Quelles que soient nos opinions sur Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ou leurs programmes, nous affirmons fortement notre vision d’un christianisme du « manteau partagé ». C’est ce christianisme que nous faisons vivre sur le terrain, que nous – ou nos Églises — défendons publiquement, sans toujours être entendus.

Nous dénonçons l’esprit de croisade pour la défense de la « France chrétienne » : l’extrême droite catholique s’attaque à l’art contemporain, la présidence de la République et sa majorité affirment une soi-disant supériorité d’une civilisation (chrétienne) sur d’autres, sans compter le discours du Front national, et nous en passons…

Nous contestons la manipulation et l’accentuation des clivages dans notre pays : clivages raciaux, sociaux, religieux, ethniques, de couleur de peau qui font du jeune de banlieue, du musulman, du chômeur, du Rom, le bouc émissaire. Ces clivages sont utilisés par les médias, les pouvoirs et certaines forces politiques pour occulter le clivage de fond : le clivage social.

Les discriminations ne sont plus des faits isolés, elles sont un système qui s’attaque aux habitants des quartiers populaires, aux Noirs, aux Arabes, aux musulmans. Elles créent une classe de citoyens à part. Jésus était du côté des parias pour mettre à bas les murs de séparation, nous sommes aux côtés de ceux d’aujourd’hui.

Nous défendons la laïcité de la loi de 1905 dans son esprit et dans sa lettre. Donc nous dénonçons son instrumentalisation pour mener l’assaut contre les musulmans et autres minorités religieuses. Cette croisade n’est possible que parce que d’aucuns renvoient dos à dos laïcité et religion comme deux entités inconciliables. La laïcité ne pourrait que s’opposer à des religions toujours présentées comme dogmatiques, obscurantistes, dangereuses. Le spirituel et ses valeurs ne seraient réservés qu’à la sphère intime ou privée, en l’opposant à la sphère sociale, politique, publique.

Au contraire, il est urgent de promouvoir l’esprit des pères de la loi de 1905 : une laïcité inclusive qui n’exclut pas telle ou telle population, une laïcité qui permet le dialogue public de positions religieuses et non religieuses. C’est pour nous le meilleur moyen de renforcer des religions synonymes de liberté de conscience et de faire reculer les courants religieux d’aliénation.

Notre christianisme est bien celui de saint Martin, mais aussi de l’abbé Pierre, de Théodore Monod, de Dietrich Bonhoeffer, de Martin Luther King ou Desmond Tutu. Le partage du manteau signifie aider l’autre, frère ou sœur en humanité, qu’il ait des papiers ou non, même si cela viole la loi. Mais il faut aller plus loin. Donner un bout de son manteau, c’est poser le problème du partage planétaire des richesses, rendu impossible par le système capitaliste qui repose sur la concurrence de tous et toutes contre toutes et tous, qui produit souffrances personnelles et violences sociales, qui permet l’émergence de peurs et de discriminations. Nous refusons le chantage sur la dette qui place des pays entiers sous l’emprise des banques et des systèmes financiers. Nous soutenons le peuple grec étranglé par un nouveau plan d’austérité. Nous contestons les politiques d’austérité qui engendrent la pauvreté pour des millions d’individus et mettent en danger l’action publique.

Cessons de diaboliser l’impôt, instrument de la répartition des richesses, cessons de penser en « toujours plus » de production, de consommation, d’énergie… Au contraire, face à la crise écologique, posons-nous la question du mieux, du bien vivre ensemble.

Le vote pour l’extrême droite est incompatible avec les valeurs de l’évangile partagées bien au-delà des chrétiens.

Nous disons aux chrétiens de droite inquiets de la tentation de l’extrême droite, qu’ils se doivent d’interpeller leur camp sur les dérives des politiques et des propos, notamment sur l’immigration, qui ont depuis longtemps dépassé le niveau de l’humainement acceptable.

Nous disons aux dirigeants de la gauche que leurs politiques passées et leurs propositions sont rarement à la hauteur des enjeux, que nous espérons mieux d’eux.

Nous disons aux chrétiens, aux croyants des autres religions, à tous les humanistes, aux hommes et femmes de bonne volonté : retroussons-nous les manches ensemble, interpellons les partis et les candidats lors des élections présidentielles et législatives, organisons des débats, prenons position pour refuser l’esprit de croisade et défendre celui de saint Martin.

Chrétiens sociaux, nous continuerons à assumer dans notre travail associatif, ecclésial, diaconal, syndical, notre part de responsabilité : apprendre à vivre ensemble, dénoncer la manipulation des peurs, exhorter avec le message biblique à ne pas craindre l’autre. Croire que le dépassement de tous les clivages arrivera dans le Royaume des cieux est nécessaire, mais pas suffisant. Il faut assumer d’être dans la différence, dans le conflit : nommer ces clivages pour les penser et agir sur eux, travailler sur nos propres peurs, aider les personnes en souffrance à travailler les leurs…

Oui, aujourd’hui un profil public de la foi face aux idéologies et aux injustices est essentiel. Oui, nous voulons soutenir une diaconie (un travail social) de protestation, qui agisse en termes de résistance, de non-violence active, d’invention et bien sûr de justice, d’espérance et d’amour.

dimanche 4 mars 2012

Barefoot College

Bunker Roy a fondé en Inde ce qu'il a appelé le "Barefoot College", la faculté aux pieds nus. Il s'agit d'apprendre... mais qui apprend quoi à qui ? et si on renversait les termes de l'équation ?
Regardez... et on en discute.





Vous trouverez ici (clic), le récit d'une visite à Tilonia. Et là (clic), le site du Barefoot College.

lundi 20 février 2012

L'Urgence et le Temps

J'étais trop bien à l'IPT, ces dernières semaines. En décompression depuis les résultats d'examens. Avec l'envie de profiter du plaisir du cotoiement de chacun. Envie de temps de partage, de détente, de musique...
La réalité m'a secoué de ma dilétence cotonneuse ce mercredi : le gel des installations sanitaires d'un appartement que je loue modestement à une famille marocaine de 6 personnes, m'a obligé à rentrer d'urgence sur la Savoie, histoire de trouver un plombier qui veuille bien rétablir une situation normale.
Peine perdue! Deux jours plus tard, en l'absence de professionnel disponible, je me suis retrouvé jonché à 8 mètres de hauteur, en train de chauffer, sans succès, une canalisation d'eau potable avec une lampe à souder. Du coup, mon locataire m'a passé un savon que je ne suis pas prêt d'oublier : cela faisait cinq jours que lui et sa famille ne pouvait se laver. Cinq jours qu'il ne pouvait faire ses ablutions pour la prière. Et moi, je le priais de m'excuser... promettant une hypothétique intervention d'un ami plombier surbooké. Je lui donnais raison, mais j'étais sans solution.
Et le lendemain...arrivée du plombier qui, voyant l'ampleur de la tâche, me signifie gentillement « qu'il ne peut intervenir sans une nacelle… et encore ! ». En guise de solution, il me tend son chalumeau flambant neuf, au cas où je veuille me confronter au vertige qu'il ne supporte pas. Va pour l'acrobate! Je n'ai plus droit à l'erreur. Il y a une famille qui m'attend au tournant, à l'étage. Au bout de ¾ l'eau est rétablie. Merci Seigneur.
Cette péripétie m'a fait prendre conscience du caractère très particulier de la présence à l'IPT. Elle ne nous exonère pas de nos responsabilités, de nos engagements passés. Et la réorientation de nos vies n'est pas sans problèmes concrets, parfois lourds.
L'appel à devenir pasteur, je le porte à bout de bras depuis quatre ans. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ERF m'a toujours encouragé à prendre le temps... l'urgence étant d'attendre... Mais j'ai tenu bon, avançant à marche régulière... regrettant qu'il n'y ai pas de parcours professionalisant pour les adultes dans la fleur de l'âge... En avril, j'aurai 50 ans. Je dois être le plus vieux candidat au pastorat. Je ne me sens ni vieux de coeur, ni de culture; le cotoiement des jeunes ne me gêne pas. Mais le temps passe, je ronge mon frein ! A quand la pratique, à quand la vraie vie ?
Or, à l'autre bout de ma chaine, il y a ce frère qui vit le tiraillement de la séparation sur le quai d'une gare métropolitaine, d'avec sa fille de 5 ans dont il ne fêtera pas l'anniversaire cette année. A l'autre bout de la chaîne, c'est cette soeur qui peine à se dégager des affres de la maladie de son conjoint, ombre portée sur leur vie d'une épée de Damoclès. A l'autre bout de la chaine, c'est cette soeur qui rentrée chez elle, se rend compte que la vie a déserté son couple, sans violence, ni disharmonie apparente. A l'autre bout de la chaîne, c'est ce pasteur altruiste qui pleure le décès de son père à l'intérieur, mais qui garde un sourire pour chacun...A l'autre bout de la chaîne... on ne connait de l'autre que la partie émergée du volcan de sa vie.
Du coup, la légitimité de ma petite impatience m'apparaît toute relative, et me ramène au seul constat qui vaille.
Seigneur! tout est Grâce, et rien ne justifie le repli sur soi.
Rien ne justifie que la Grâce, qui est grâce d'être, d'être en Lui, et d'être ensemble.
Dans tout cela, le temps donné au temps est un élément incontournable. L'urgence est impatiente mais c'est le temps qui scelle son incarnation.

CH

samedi 4 février 2012

Centre fraternel de dépannage

C'était un premier février, en 1954, à la radio, une heure du matin.

"Mes amis, au secours...

Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée... Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !
Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots :« TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »
La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :• 5000 couvertures,• 300 grandes tentes américaines,• 200 poêles catalytiques. Déposez-les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.
Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris. Merci !"



vendredi 3 février 2012

Martha, de l'Eglise invisible

Nous sortons du temple de Maguelone. On a prié pour les sans-abri. Je ne l'ai pas dit mais, moi, j'ai prié en pensant à Martha. Martha, c'est mon amie !
On se voit peu depuis qu'il y a 25 ans j'ai quitté Grenoble, où elle « habite » encore. Martha est SDF ; c'est une des plus belles personnes qu'il m'ait été donné de rencontrer à ce jour.

On s'est connus il y a 30 ans. A l'époque, on était toute une bande de copains de fac à moitié musiciens... On avait notre QG dans le quartier arabe de la capitale dauphinoise. Martha, c'était une figure fascinante pour nous : elle avait eu une licence de sociologie en 1976. Grande svelte avec un regard du bleu profond de l'exigence. C'était une fille d'immigrés russes ; un père veilleur de nuit alcoolique. Mal mariée à un professeur de yoga un temps réputé... qui la battait, elle avait finit par déchirer ses papiers d'identité quand la DDASS lui avait retiré la garde de ses deux filles, qu'une famille d'accueil très « catho-Front National » devait pendant des années empêcher de la revoir, la faisant passer pour morte.
Elle vivait de petits boulots sur le marché de la Place aux Herbes. Comme les gens du quartier l'appréciaient, elle jouait les nounous assez souvent. Martha a toujours eu un don d'animatrice avec les enfants. Elle les rend solaires. Ses références c'étaient Bettelheim, Dolto, « Libres Enfants de Summerhill »… Et puis cette occupation lui permettait d'être au chaud, de se laver.
Quand notre groupe d'étudiants la fréquentait, elle élevait sa dernière fille seule. Les aléas des mutations avait amené sur Grenoble une juge pour enfants qui s'était prise de sympathie pour Martha. Elle était donc autorisée à faire « l'école à la maison » à sa fille, quoique n'ayant pas de maison... et refusant le système scolaire jusqu'en classe de quatrième. Dans ce quartier mi populaire, mi bohème, il y avait toujours un prof original pour échanger un cours de maths ou de physique contre une heure de ménage.

Après les rénovations du centre ville, les choses sont devenues plus difficiles : le quartier, de populaire, est devenu chic, les rues, pavées et les vitrines aussi rutilantes que vendeuses d'inutile. Le prix des conso au café se sont envolés autant que le petit peuple que la mairie a exilé à la « Villeneuve » ( le lieu du triste « discours de Grenoble » de Sarkozy... et des « événements »).
Avec la traque du travail au noir, Martha a progressivement perdu ses petits boulots : pas de papiers, pas de travail. Quarante ans plus tard, elle tient bon, refusant tous subsides sociaux. Elle a tardivement renoué avec ses filles perdues. Mais la jeune femme blonde et non violente qu'elle était a maintenant soixante-dix ans. Il ne lui reste plus qu'une dent... elle fatigue..
Certains proches l'encouragent à se ranger... toucher un Revenu de Solidarité, refaire ses papiers. Elle y pense comme on envisage la capitulation par lassitude. Moi, j'aimerais qu'elle écrive son histoire.

Je descends encore 2 ou 3 fois par an sur Grenoble. Je la cherche dans le quartier derrière la place Notre Dame. On passe la journée ensemble. Parfois je la serre dans mes bras : vingt-cinq ans plus tôt, je n'aurais pas osé. Aujourd'hui c'est sans ambiguïté. Elle me charrie un peu de vouloir devenir pasteur, mais je crois que cela lui fait plaisir, aussi.

Quels qu'en soient les tenants, je garde une admiration sans borne pour son témoignage, déraisonnablement intenable… mais qu'elle tient. J’ai choisi d'y voir le visage en hiver de l’Église invisible.

CH

(Cette photo n'est pas celle de Martha, mais de Myriam, qui retrace dans son magnifique spectacle "Resist-tente" sa vie dans la rue)

mercredi 11 janvier 2012

Desiderata

Nous connaissons tous le poème de Kipling, Si... qui se conclut par "alors tu seras un homme, mon fils". Entre nous soit dit, j'ai toujours trouvé cette conclusion assez effrayante, étant donné le nombre et la difficulté des conditions à remplir... mais enfin, on est d'accord, c'est un beau poème. Hier, le curé de Fontenay-le-Comte en Vendée, qui tient un blog tout à fait épatant, a mis en ligne un autre texte. Quelques rapides recherches m'ont conduite sur la piste d'un texte au destin curieux, dont vous trouverez toute l'histoire ici, mais voici en quelques mots de quoi il s'agit. 
Ce poème en prose s'intitule Desiderata et a été écrit en 1927 par l'écrivain, avocat et homme d'affaires américain Max Ehrmann (1872-1945). En 1959, le révérend Frederick Kates, recteur de Saint Paul à Baltimore, prépara une compilation de textes destinés à sa congrégation. En haut des pages il inscrivit "Old Saint Paul's Church, Baltimore, A.D. 1692", qui est la date de construction de l'église. L'indication de l'auteur s'en perdit assez vite ensuite, mais le texte se répandit très largement, notamment durant les années 1960 dans les mouvements pacifistes américains, surtout après la découverte d'une copie du poème près du lit de mort de l'homme politique Adlai Stevenson en 1965. En 1972, un enregistrement audio lui fit connaître un succès foudroyant. Le texte étant devenu célèbre, les héritiers intentèrent une action en justice pour en faire reconnaître l'auteur et prouver qu'il n'était pas dans le domaine public ; c'est un cas compliqué de ce point de vue, qui fait que le texte est et n'est pas à la fois dans le domaine public... Il existe une traduction en français, écrite en 1996 par Hubert Claes sous le titre Injonctions pour une vie sereine. Aujourd'hui, on trouve le texte sur beaucoup de sites français, avec une brève indication disant que l'auteur en est inconnu et qu'il a été découvert dans une vieille église de Baltimore en 1692... les péripéties de tous les textes, même non bibliques, sont parfois étonnantes ! 
Voici le texte retraduit pour l'occasion.

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Va paisiblement dans le vacarme et l’agitation, souviens-toi de la paix possible au cœur du silence.
Autant que possible, sans rien céder de toi, sois en bons termes avec chacun. Dis ta vérité tranquillement et clairement et écoute les autres, même les lents et les ignorants, car eux aussi ont leur histoire. Evite les gens grossiers et les agressifs, ils agaceront ton esprit.
Si tu te compares aux autres, tu risque de devenir vaniteux ou aigri, car il y aura toujours de plus grands et de plus petits que toi. Savoure tes projets autant que tes succès. Applique-toi à aimer ton chemin, aussi humble soit-il, car là est ton trésor au milieu des péripéties de la vie.
Soit prudent dans les affaires, car le monde est plein de duperies, mais ne laisse pas cela t’aveugler devant la vertu : beaucoup en effet recherchent l’idéal et ce monde, partout, déborde d’héroïsme.
Sois toi-même. Surtout, ne feins pas d’aimer. Ne soit pas cynique face à l’amour, car si tu te perds dans les déserts arides et le désenchantement, l’amour lui est aussi vivace que l’herbe.
Prends conseil tranquillement des années qui passent, accepte gracieusement de voir décamper ta jeunesse. Nourris la fortitude de ton âme, elle t’abritera aux jours de soudain malheur. Ne te chagrine pas d’idées vaines et noires. Bien des peurs naissent de la lassitude et de la solitude.
Exerce une saine discipline pour toi-même, mais sois doux envers toi. Tu es un enfant de l’univers, autant que les arbres et les étoiles ; tu as le droit d’être ici. Que tu le comprennes ou non, il ne fait pas de doute que l’univers se déploie comme il doit.
Aussi, sois en paix avec Dieu, quelle que soit ton idée de Dieu. Et quels que soient tes labeurs et tes rêves, dans la confusion de la vie, retiens précieusement la paix dans ton esprit.
Même s’il est factice, tout de guingois et plein de rêves brisés, ce monde est magnifique. Sois joyeux – et efforce-toi d’être heureux.

Max Ehrman, trad. PRG


mardi 8 novembre 2011

Notre Faculté il y a 80 ans!

Vous reconnaissez le toit, derrière les deux sauvages? Oui oui, c'est bien notre Fac... 
A côté, on se dit qu'on est bien sages... trop sages! Bref. Voilà les festivités qui entouraient l'élection du président des étudiants! Je vois bien notre président actuel en petite tenue au milieu du parc... 

Allez voir un peu le blog où j'ai pêché cette photo (également en lien sous le titre "Notre Faculté en 1932"). Il regroupe une jolie collection de photos d'époque où l'on découvre les visages et les traditions de nos illustres prédécesseurs. Ca vaut franchement le détour.

Tout fout le camp!

Tréso

dimanche 6 novembre 2011

Galerie de portraits (I)

Bien souvent, les noms qui jalonnent les études de théologie deviennent des sortes de labels, ou des sacs vides que l'on remplis d'idées et de concepts glanés ça et là. Finalement, on réduit souvent la vie entière des ces personnages à vivre leur foi, à la penser, et à la défendre face à toutes les cataclysmes du XXe siècle en une phrase laconique.

"Barth": théologien de la "dialectique" qui a dit Nein à Emil Brunner et qui a mal tourné sur la fin avec sa Dogmatique...

"Bonhoeffer": théologien de la "dialectique" aussi, mais beaucoup plus recommandable que Barth, car il n'a pas écrit une Dogmatique et que sa pensée est beaucoup plus existentielle.

"Bultmann": théologien de la "démythologisation" à ne pas confondre avec la "démythisation".

"Ricoeur": un type qui a l'air super intéressant, sauf que ses phrases sont trop compliquées...

"Moltmann": son nom me dit kek'chose... mais vous dire sur quelle chaîne je l'ai vu...

Il ne faudrait tout de même pas perdre de vue que chaque nom signifie une vie entière, un visage, un regard, des paradoxes, etc. Alors, redonnons-leur leur visage un instant, et oublions tout ce qu'on peut nous apprendre sur eux pour les apprécier pour ce qu'ils sont: des individus. Pas des livres.


Karl BARTH

Karl BARTH et Martin Luther KING


Paul TILLICH



Paul TILLICH qui fait l'âne


Rudolf BULTMANN


Emil BRUNNER


Emil BRUNNER en chair


Albert SCHWEITZER


Martin HEIDEGGER et Rudolf BULTMANN


Dietrich BONHOEFFER


Eberhardt JÜNGEL


Jürgen MOLTMANN


Paul RICOEUR


Wolfart PANNENBERG