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dimanche 18 novembre 2012

Dimanche à Sète

"C'est le shabbath, faut enlever les piles !"
Nous avons en ce dimanche enlevé les piles de l'ordinaire en rejoignant la communauté de Sète pour le culte dominical. C'était un dimanche tout particulier de joies et de peines partagées, pour se souvenir ensemble des baptêmes et des mariages célébrés pendant l'année, et se souvenir aussi de ceux qui nous ont quittés. "Merci", leur a-t-on dit par la voix de la liturgie : merci d'avoir été là parmi nous et d'avoir, par votre présence, changé ce monde et nos vies. Merci d'avoir partagé nos chemins, nourri notre espérance. Joies et peines partagées - car sa fidélité est pour toujours, avons-nous répété avec le psalmiste. Même au coeur de la tourmente, dans les jours du deuil, l'espérance ne cède pas parce que la fidélité de Dieu est cette promesse de la nourriture pour tous, d'un lendemain toujours possible. Les voix se sont mêlées pour dire à la fois la joie et la tristesse, la tristesse et la joie. 
"Ne rentrez pas chez vous comme avant, ne vivez pas chez vous comme avant, changez vos coeurs, chassez vos peurs, vivez en hommes nouveaux !" C'est une bénédiction : bien dire, dire le bien. C'est à prendre au sérieux, joyeusement. Ce que nous avons fait en faisant un nouveau détour pour goûter aux nourritures terrestres (enfin maritimes puisque nous sommes dans un port de pêche et que les parcs à huîtres sont à deux pas). "Quand même, la skyline de Sète, c'est beau..." Oui, c'est bel et beau d'avoir entendu une parole qui mêlait la promesse à notre humanité, et que ça continue à résonner ensuite, dans nos regards et nos paroles. 
C'est à la chapelle qui domine la ville sur le mont Saint Clair que nos pas ont fini par nous mener. Sur les voûtes basses, des fresques rappellent les grandes scènes de nos bibles : la pêche miraculeuse, bien sûr, la nouvelle Jérusalem qui fait se joindre les deux arbres de l'Eden, la Passion, le dernier repas, la résurrection de Lazare, le baptême de Jésus par Jean... Un livre est ouvert au-dessus de nos têtes, des mots qui se disent et se lisent autrement de se voir, d'autres images s'ajoutent à toutes celles que nous avons en tête, déjà. 
Peut-être qu'on n'a pas vraiment enlevé les piles, tout compte fait... Tant pis. Ou tant mieux ?






mardi 11 septembre 2012

Retour aux affaires


Depuis vendredi midi, me voici de retour sur le sol français, après une quinzaine très riche en terme d'expériences, de rencontres, d'apprentissage aussi.
Que retenir de tout ceci, et comment le retranscrire en actes concrets dans le futur ?
C'est en substance ce que les personnes du COE qui nous encadraient nous demandent : un projet qui s'inscrit dans une dynamique oecuménique, en lien avec ce qui nous a le plus touché pendant ce séjour en Crète.
Vaste programme, d'autant plus que me concernant, je serai limité en terme d'initiative par mon stage en paroisse.

Et pourtant, j'ai vraiment envie de partager ce que j'ai vécu là-bas, de montrer que, quoiqu'on en dise, l'oecuménisme même s'il n'est pas révolutionnaire, porte des valeurs qui me sont chères, et qui reflètent ma vision de l'Eglise.
Alors, que faire pour pouvoir concilier à la fois l'année universitaire, le stage, le mémoire, les reprises de stage à la Faculté, les rencontres avec la Commission des Ministères et ce fameux projet qui nous est demandé ?
Ma première réponse fut de dire que je me contenterais d'un compte-rendu à l'Eglise Réformée de France, par qui j'ai été envoyé.
Mais j'avais envie d'aller plus loin, de pouvoir partager ce vécu et de faire la promotion de l'oecuménisme. Un compte-rendu écrit ne permet pas de remplir cet office.
Alors je me suis dit, que j'allais essayer de profiter des prochains évènements de l'Eglise pour essayer de partager mon enthousiasme oecuménique avec le plus de personnes possibles.
Avec ERF on Tour, j'ai été sensibilisé à l'importance du témoignage, de la présence de l'Eglise hors de ses murs. Avec mon expérience au COE, j'ai pris conscience de l'importance de travailler ensemble. Se rassembler malgré nos différences pour être encore davantage visibles, et montrer que nous pouvons dépasser ces divergences, ces clivages, pour annoncer quelque chose qui dépasse les questions de dénomination...

Finalement un mot revient constamment à mon esprit suite aux différentes expériences de cet été : être acteur.
Être acteur de sa vie, offrir une présence à l'autre, à celui que je ne connais pas, offrir aussi une possibilité de dialogue, accepter la diversité comme une richesse et non comme un obstacle à toute entreprise. Être l'acteur d'un possible, faire le pari de l'espérance, plutôt que de ne voir que les obstacles, et buter contre le mur de la peur, le tout humblement.
C'est pour moi une Bonne Nouvelle, celle d'oser, d'aller de l'avant, tout en sachant que le résultat quel qu'il soit, ne nous appartient pas.
L'important c'est de prendre le risque de s'exposer à l'autre, cet étrange, ce semblable mais non pas identique, accepter que l'Eglise aussi doit sauter le pas, prendre le risque de sortir de son confort, de son ronronnement quotidien, de sa routine parfois rassurante, pour se risquer au-dehors, que ce soit vers d'autres confessions, ou plus largement pour donner à tous l'opportunité d'entendre une Parole qui nous bouleverse et nous fait vivre, celle de l'Evangile.

C'est pourquoi j'essaierai de garder à l'esprit que nous n'avons qu'une obligation de moyen, celle de tenter, d'offrir, de s'offrir aussi, dans une forme de lâcher-prise à la rencontre et à la contradiction.
Mais j'ai compris cet été que c'est grâce à l'échange de convictions qu'on peut se forger sa propre identité, en réaction à celles qui nous sont soumises. L'essentiel est de respecter les convictions de chacun, sans pour autant tomber dans le piège du syncrétisme : être à l'écoute de l'autre ne signifie pas être d'accord avec l'ensemble de son discours, mais bien le reconnaître comme un sujet qui mérite tout autant que soi, d'être entendu, un autre qui a aussi, une Bonne Nouvelle à nous apporter.
En quelque sorte, un retour perpétuel aux affaires théologiques et à la formulation de sa foi !

mercredi 5 septembre 2012

Jours 10-11-12-13 : Reporting and closing actions


Pris dans le tourbillon des rapports et des décisions à prendre, le Comité Central du COE a connu des journées à rallonge, ce qui ne m'a pas laissé le temps de rédiger mes billets de blog comme je l'aurais souhaité. Le fatigue aidant, les journées se limitent maintenant à des sessions de plus en plus longues au cours desquelles les débats font rage. Chaque mot est analysé, chaque phrase est scrutée sous toutes ses coutures pour vérifier que les mots utilisés n'ont pas de connotations spécifiques (péjorative par exemple) dans une culture donnée, ou dans l'Histoire en général, et les discussions sont parfois âpres. Certains membres du Comité Central ont parlé plus de deux heures au micro (cumul de leur temps de parole) durant l'ensemble de la session, c'est dire si les débats ont pu durer. Les décisions par consensus sont donc longues, mais elles ont le mérite de ne laisser personne sur le bord du chemin, et de permettre à chacun d'être concerné par les décisions prises.

Il faut dire que le travail des comités a été important tant en termes quantitatifs, qu'en terme d'acuité des sujets traités, ce qui a nécessité beaucoup de temps.
Reste à espérer que le jeu en valait la chandelle, car certaines questions ont été expédiées plus vite que d'autres, sans doute en raison de la lassitude de la plupart des participants.
L'enjeu était cependant de taille, car comme l'ont rappelé respectivement le secrétaire général du COE, et le modérateur du Comité Central, certaines décisions, si elles reçoivent l'aval de l'assemblée générale qui aura lieu l'année prochaine (je pense notamment aux décisions modifiant certains textes, en terme de représentations des régions, du nombre de membres, de quotas concernant les jeunes (moins de 35 ans), les femmes et les personnes handicapées ; mais aussi des décisions portant modification du déroulement des sessions, d'autres ayant trait à la modérature...).

Bref, le travail fut long et fastidieux, mais il était nécessaire de le faire pour la pérennisation du mode de fonctionnement de l'institution.

Sans doute devez penser à la lecture de ce billet, que les questions spirituelles, ecclésiologiques, voire théologiques ont été reléguées à un second plan. Ce n'est pas totalement faux. Pourtant, je dirais que la spiritualité était bien présente durant tout le temps du Comité Central, qui s'est ouvert par un service cultuel, et qui s'est clos de la même façon. Chaque jour, le travail était « borné » par une étude biblique le matin, et une temps de prière le soir, deux temps qui ponctuaient la journée et remettait tout ce qui s'est fait et qui s'est dit, à Dieu, deux respirations qui nous permettaient de ne pas oublier ce pour quoi nous étions là.

J'ajoute que certains travaux des comités concernaient indirectement des questions de positionnement des églises : ainsi, les pays du proche et moyen orient ont été l'objet de discussions pour savoir que dire et que faire à leur sujet, et tenter de trouver un positionnement qui conviendrait à tous, sans aboutir à une position « molle » qui n'aurait aucun impact.
Les questions théologiques et ecclésiologiques étaient donc relativement sous-jacentes aux questions traitées à proprement parler.

Et puis, il faut bien avouer, que pour pouvoir aborder les sujets ecclésiologiques et théologiques, il faut que le fonctionnement soit bien huilé, et que chacun puisse y trouver sa place. Il était donc nécessaire de toiletter les textes, comme cela a été le cas en France à l'occasion de l'union de l'Eglise Réformée de France et de l'Eglise Evangélique Luthérienne de France.


Cela restera donc pour moi un excellent souvenir, et j'invite chacun à prendre connaissance de toutes ces questions touchant à l'oecuménisme (le site du COE est à ce sujet très fourni à condition de fouiller un peu), car en fin de compte, nous le vivons au quotidien quand nous allons à la rencontre des personnes, et des communautés qui nous entourent !

samedi 1 septembre 2012

Jours 8-9 : OAB ?


La moitié du séjour est cette fois-ci belle est bien arrivée. Voilà plus d'une semaine que je suis arrivé à Kolympari en Crète, et j'éprouve une étrange sensation, quelque peu ambivalente, sensation qui consiste en une impression de connaître les lieux sur le bout des doigts, tout en ayant le ressenti d'être quelque peu étranger. Non pas que je sois exclu, bien au contraire. Les sujets abordés ne me sont pas inconnus non plus.
Pour dire vrai, il me semble que ce sont les discussions qui ont cours au Comité Central qui me donnent ce ressenti. Quand nous en rediscutons entre stewards, j'ai l'impression de ne pas être toujours sur la même longueur d'ondes que certains d'entre eux (peut être même la plupart d'entre eux). Alors bien sûr, la pensée unique n'est pas une panacée, bien au contraire, mais à bien y réfléchir (je réfléchis tout en écrivant), j'éprouve une sensation de déjà vu.
Certains sont surpris que la gouvernance d'une institution telle que le COE se fasse au prix de consensus longs et délicats à obtenir, et que les différentes confessions réunies ne soient toujours pas arrivées à s'entendre sur des points aussi théoriquement simples que pouvoir donner une définition commune de ce qu'est l'unité, ou encore pouvoir s'entendre sur le statut à accorder à la mission.
Mais dans notre Eglise, notre ecclésiologie exigeante nous habitue à ces processus décisionnaires faits de débats, de consensus (de votations également). Alors, non je ne suis pas surpris, mais je sens que je ne me situe pas de la même manière que la plupart des stewards.
En creusant un peu la question, je crois que le steward dont je me sens le plus proche d'un point de vue théologique et ecclésiologique est un étudiant en théologie, de confession orthodoxe. Il a appris que le représentant de son Eglise s'était défaussé, et qu'il avait envoyé une personne qui ne connaissait que peu des problématiques au niveau de l'oecuménisme, et qui, qui plus est, n'a pas assisté aux réunions par régions. Or lors de ces réunions, les régions décident de demander formellement certaines choses en leur faveur : avoir davantage de membre, proposer des personnes pour les fonctions de gouvernance du COE, décider de la répartition des membres par région confession par confession... Cet étudiant était donc très frustré de voir que son Eglise avait confié cette tâche à une personne qui n'était pas du tout investie dans l'oecuménisme et qui ne faisait dès lors qu'acte de présence (et encore...). Mais il s'est heurté à l'ecclésiologie de son Eglise qui, bien que n'étant pas aussi clairement hiérarchisée que celle de l'Eglise catholique, l'est tout de même un peu. Il n'était dès lors pas possible pour lui de parler de ceci aux autres églises orthodoxes présentes...Et en en rediscutant avec lui, j'ai senti qu'il avait à cœur de pouvoir s'investir dans son Eglise, mais que s'il ne pouvait pas le faire, si on l'en empêchait d'une manière ou d'une autre, il s'en irait dans une autre Eglise pour servir ce qu'il croit être juste. C'est peut-être aussi ça l'oecuménisme : être prend à prendre conscience des faiblesses de son église, en regardant le fonctionnement des autres églises, et être capable d'admettre que tout n'est pas parfait.
Aucune ecclésiologie n'est parfaite, puisque toutes sont d'essence humaine, même si elles prennent appui sur des données scripturaires. L'église comme communauté ne doit donc pas être une fin en soi, mais bien un moyen offert aux croyants de pouvoir échanger et vivre ce que le Seigneur nous offre de vivre en sa présence.

Quant à la journée de samedi (jour 9), elle fut relativement tranquille du point de vue du travail à fournir en tant que steward. Nous avions l'opportunité de prendre un peu de repos, et de participer à une réunion sur la question du dialogue inter-religieux du point de vue du COE. La personne qui nous accueillait nous a brossé à grands traits le cheminement qui a conduit le COE à mettre en place une structure dédiée à cette question, structure qui produit notamment deux fois par an une revue sur la question (la revue s'intitule Current Dialogue).
Cette personne nous a expliqué que de son point de vue, et du point de vue du COE, il existe quatre possibilités d'instaurer un dialogue entre différentes religions :
  • dialogue de vie : qui a cours essentiellement dans les pays où toutes les religions se côtoient au cours de la vie quotidienne, et qui tire justement son essence dans la vie quotidienne ;
  • dialogue du travail : lorsque des personnes de religions différentes travaillent ensemble, les conditions d'un dialogue inter-religieux peuvent être réunies ;
  • Le dialogue théologique : celui qu'elle appelle des experts, et qui est pour elle un dialogue d'intellectuels ;
  • le dialogue des expériences spirituelles : dialogue entre des personnes croyantes, qui peut avoir lieu et qui doit s'expérimenter de deux façons : dialogue en face à face, et dialogue côte à côte. L'idée est de ne pas se contenter d'un dialogue en surface, qui se limiterait à une coopération en matière sociale (ce qui entre nous est déjà un bon début!) , mais de parvenir à un dialogue théologique plus profond, pour aborder les questions qui divisent (je ne sais pas comment elle comptait parvenir à surmonter les divergences inévitables entre les religions, mais je n'ai pas eu l'occasion de lui poser la question).

L'intérêt du dialogue inter-religieux selon elle, ne se limite pas à un intérêt de connaissance à propos des autres religions, mais présente aussi un intérêt réel et certain quant à la formulation de notre foi.
En réaction à ce que nous entendons, nous pouvons dire ce que nous croyons. C'est en somme un peu dans le même esprit que le dialogue oecuménique fonctionne, même si a priori, davantage de points communs nous unissent.

La deuxième réunion à laquelle j'ai assisté ce samedi fut celle des confessionnal meetings : il s'agit pour chaque confession de réunir l'ensemble de ses membres présents et de discuter des problématiques à faire émerger pour les Comités centraux à venir, mais aussi en l'occurrence pour l'assemblée générale du COE qui aura lieu l'année prochaine à Busan en Corée du Sud.
J'avais l'opportunité de me rendre à plusieurs réunions : celle des réformés/presbytériens, celle des luthériens (étant donné que nous allons être très bientôt unis), et celle des Eglises unies. J'ai opté pour la première solution mon badge indiquant que je fais partie de l'Eglise Réformée de France.
Le dialogue fut très apaisé, et aucune question ecclésiologique abordée, si ce n'est celle du rôle prophétique du COE et des églises. L'idée n'est en fait pas d'échanger et de débattre sur des différences théologiques ou ecclésiologiques, mais bien d'essayer de faire avancer ensemble le projet qu'est le COE, et d'arriver à mettre en place davantage d'unité et de communion entre les confessions. L'idée a donc été lancée qu'un service de la Cène soit mis en place, et que chacun puisse y prendre part. Evidemment, en proposant cela, nous savons pertinemment que les orthodoxes et les membres de l'Eglise Vieille Catholique ne pourront pas y prendre part, mais il nous semblait important de pouvoir initier une dynamique en vue de l'AG de Busan l'année prochaine. C'est peut-être par des actions concrètes que les décisions solennelles peuvent évoluer.

En tout cas, cette journée fut très enrichissante pour ma part, et j'ai beaucoup apprécié pouvoir prendre part à ces réunions, en tant que participant, et pas seulement en tant que steward, au service.
Car en fin de compte, participer au processus décisionnaire, c'est aussi rendre une forme de service aux Eglises qui nous envoie !


Au fait, vous devez vous demander ce que signifie le titre de mon billet : il s'agit d'une abréviation très utilisée par les membres du COE : AOB signifie any other business ? 
Alors, rien à ajouter ?

vendredi 31 août 2012

Un jour en colonie...


En ce moment, sur ce blog, nous voyageons beaucoup. Après une escapade dans l’Est de la France, puis en Grèce, je vous propose de vous envoler pour la Lozère. Oui, c’est moins glamour, je vous l’accorde. Mais on m’a souvent posé la question suivante : « tu nous parle souvent de tes camps que tu fais : mais ça se passe comment une journée ? » ainsi, sur ce billet je vous raconte comment se passe une  journée à Grizac, un hameau situé prés de la commune du Pont de Montvert, qui accueille chaque été plus de 100 enfants. Pendant ce mois de juillet, il y a environ 70 enfants, répartis en trois tranche d’âge : 6-8 ans, 9-11 ans, et 11-14 ans. Je m’occupais d’animer ces derniers, les pré-ados donc. Attention, on se projette dans le temps, c’est parti !

« Dring, dring, drinnnnnnnng ! »
« pfffffffff…. »
Dans ma tente, je m’étire : il fait déjà jour, le soleil commence a transpercer la toile. Quelle heure est-il ? Je regarde machinalement l’heure sur mon portable : 7h15. Je retrouve mes vêtements, je m’habille, sort de la tente : le soleil berce déjà, mais il fait un peu frais : on est quand même à 1000M d’attitude…
A 7h30, je retrouve les courageux de l’équipe d’animation et de l’équipe technique pour le Rendez-vous du matin : un partage sur un texte biblique, autour d’un café. Nous discutons et nous prions : indispensable pour que notre journée se passe sous le regard et la protection du Seigneur. 

8h, la majorité de nos jeunes sont levés. Nous tirons les derniers du lit pour le petit déjeuner. 
Après, c’est l’heure du rangement : j’ai de la chance, avec mon groupe, ils sont plutôt grand, donc ça passe. Même si, en ce qui me concerne, je suis loin d’être en modèle là-dessus…

A 10h, c’est la première activité du matin : aujourd’hui, on poursuit les travaux manuels. Toutes les tranches d’âges sont réunies. Dans mon groupe, les enfants approfondissent leurs œuvres d’art en poterie et en terre glaise. Ce qu’ils font est autour des planètes, des étoiles, des galaxies, car c’est le thème de notre camp pour les grands jeux. A la fin, les enfants qui le veulent pourront exposer leurs œuvres à la journée parents (le dernier jour, où tous les parents viendront) et bien sûr, ils pourront repartir avec.
Une heure après, à 11h, c’est le temps spirituel, moment fort de la journée. Il commence, avec tous les enfants et les jeunes par un important moment de chants et de louange. On chante donc plusieurs chants, orientés jeunesse (mais pas uniquement !) accompagnés à la guitare, au piano, aux percussions, voir à la flûte traversière… Ensuite, le pasteur fait une brève introduction sur le thème de la discussion  que nous allons avoir dans les différents groupes. Le fil rouge pour les temps spirituels pendant ce camp est « qui est ce Dieu ? » A travers plusieurs textes bibliques, nous explorons les multiples « facettes » de Dieu et de Jésus. Aujourd’hui, le thème abordé est « un Dieu qui dépasse la mort » nous parlons donc de la mort et de la résurrection de Jésus. Pendant que le groupe des plus jeunes entendent une histoire tirée de celle des brigands sur la croix avec Jésus, mon groupe, celui des pré-ados, s’attable sur le récit de la résurrection de Jésus dans Mc 16, après que l’on l’ai lu. 
Nous débattons par petits groupes sur les questions suivantes :
- la mort de Jésus pour vous as-t-elle un sens ? Pourquoi est-elle importante
-A sa résurrection, comment réagissent les personnes qui sont au tombeau ? 
- Pourquoi les femmes sont-elles mises tant que cela en avant ?
- Jésus nous dit d’annoncer sa résurrection à la terre entière. Est-ce que vous en parlez autour de vous ? Comment ça se passe ?
Ces questions ne sont pas exhaustives bien sûr, elles servent à avoir un fil conducteur dans la discussion. Il est évident que chaque jeune peut parler en toute liberté, ainsi que poser ses questions. Une place est faite à la fin à la prière. On se rend d’ailleurs compte que plus le camp avance, plus les temps de discussion se rallongent. Bon signe !

A 12h15, c’est le repas. Nous le prenons par tranche d’âge séparés. Après le repas, il y a une heure de temps libre ou ils en profitent pour se défouler, puis de 13h30 à 14h30, temps calme, pour les petits dans les chambres, pour les pré-ados près des tentes. Ce temps-là est souvent difficile à gérer, mais il est indispensable, car c’est le moment de la journée où il fait le plus chaud. Il faut prendre également des forces avant l’activité de l’après-midi… Pendant que deux animateurs surveillent le bon déroulement du temps calme, les autres se retrouvent au « café partage »Un moment où l’on se retrouve entre les animateurs et le personnel technique pour chanter quelques chants et entendre un ou deux témoignage de l’un d’entre nous sur sa rencontre, sa relation son cheminement avec Dieu. Aujourd’hui, c’est une animatrice du groupe des petits qui nous raconte qu’elle a décidé de se faire baptiser à la suite d’un rassemblement pour jeunes chrétiens, endroit où elle a redécouvert l’Evangile quelques jours après avoir vu un drame sous ses yeux. Témoignage émouvant.

A 14h30, c’est l’activité de l’après-midi, souvent un grand jeu. Nous partons notre groupe, les pré-ados, dans la forêt après une petite demi-heure de marche. L’activité de l’après-midi est de se préparer au troisième grand jeu qui aura lieu le lendemain. Notre groupe va être le groupe des « méchants » : ils ont volés le moteur à réaction du vaisseau spatial, ce qui empêche les habitants de la planète « vlourp » (planète où nous sommes, dans l’imaginaire) ainsi, nous ne pouvons pas retourner sur terre. Cependant, certains de nos membres sont prêts à négocier, ils peuvent avoir quelques pièces détachés qui peuvent être soudoyées, mais il faut qu’ils les gagnent en attrapant ceux qui les ont, et en les trouvant dans leurs poches. C’est le principe du « douanier-contrebandier » ! Nous avons donc, avec nos jeunes, repérés les lieux stratégiques où se dérouleront le jeu, vu le lancement, attribués les rôles… Et nous avons aussi fait, grand moment, une simulation du jeu ! Divisés en deux groupes, chacun à donc pu jouer les deux rôles. Nous avons donc réalisés un « cocktail explosif » avec des jeunes que nous avons mis en situation de responsabilité, tout en conservant un côté ludique. C’est important pour nos pré-ados qu’ils sentent qu’ils sont mis en valeur !

Après avoir goûter sur place, nous rentrons à la colo, il est 17h passés. Nous avons donc maintenant un temps libre, ponctué du temps des douches. Ce temps-là permet à chacun de souffler mais aussi de créer des affinités et des liens entre jeunes, avec  les animateurs… Les animateurs profitent également de ce temps là pour approfondir la relation avec l’enfant. Par exemple, moi je passe dans un groupe où ils jouent au foot, je tape quelques minutes la balle avec eux. Je vais ensuite voir un autre groupe entrain de chanter des chants accompagnés à la guitare ; nous chantons un peu ensemble. Un passage pour voir si tout se passe bien aux douches, puis je rejoins deux de mes collègues pour faire un point rapide sur la veillée qu’il y aura le soir même.
Déjà 19h : c’est l’heure du dîner. Nous le prenons, puis passons à la veillée. C’est une veillée que nous faisons en commun avec le groupe des grands colons (9-11 ans). Il s’agit d’un tournoi de match d’improvisation théâtrale : les groupes sont mélangés, et chaque groupe tire un sujet au sort, souvent ambigu ( ex : L’incroyable Hulk au sport d’hiver )  et doit le jouer. Ils ont 3 minutes de préparation et deux minutes pour passer sur scène. On rigole bien, quelle imagination peuvent avoir ces enfants ! moi je fais le présentateur, pendant que deux animateurs regardent en surveillant si tout se passe bien, 5 autres personnes sont membres du jury. Une fois la prestation terminée, ils attribuent une note. Les deux équipes ayant la meilleure note jouent la finale.
Voilà, la veillée est terminée. Le groupe des 9-11 ans va se coucher, le nôtre reste un peu, on chante quelque chants, on finit par une prière libre, puis, dans les tentes. Il est un peu plus de 22h. Le coucher c’est souvent difficile : il faut être ferme, dans les tentes, on se dépêche, on se tait…
Un animateur reste de garde, les autres vont à la réunion. A la réunion, nous faisons d’abord un tour de table : comment s’est passé la journée dans les différents groupes ? Qu’est ce qui a été positif, négatif ? Y’a-t-il eu des problèmes ou des points importants à soulever ? Ensuite, nous faisons notre propre bilan en équipe, et nous récapitulons pour la journée du lendemain : qu’est ce que nous avons prévu ? Qui fait quoi ? 23h15 : c’est enfin le « 5éme » moment de détente entre animateurs autour de nourriture et boissons. On discute, on rigole, on essaye de parler d’autre chose que de la colo, même si c’est souvent ce qui reviens sur la tapis. Normal, on est encré dedans… Vers minuit, nous allons prendre notre douche, puis nous nous couchons Nous faisons un rapide tour des tentes, pour vérifier s’il n’y a pas de bruit. Ça va, tout est calmes. Derniers bavardages et chuchotages dans la tente, il est plus de minuit quand nous nous endormons. Nous sommes fatigués. Environ 7h à dormir et encore 4 jours à tenir sur ce rythme.


On peut donc, après avoir vu cela se demander : qu’est ce qui te motive à animer ces camps ? C’est fatiguant, parfois difficile, c’est beaucoup de responsabilité… C’est vrai. Et quelques fois, tellement on en a marre, on se demande ce qu’on fait là. Mais le plus important est dans ce qu’on vit, ce qu’on partage : le sourire des enfants, notre joie de les voir s’épanouir. La bonne ambiance qui se créée, dans un cadre magnifique. Des souvenirs forts, des répliques cultes (par exemple, question que m’a posée une fille de 13 ans : « Simon, pourquoi quand tu parles des fois tu bégaye alors que quand tu pries ou que tu lis la bible, tu parles de manière fluide ? ») et au final une ambiance de groupe forte, un sentiment d’un travail bien fait quand tu vois que l’enfant a progresser. Une nostalgie qui se créé, et quelques mois après quand tu y repense tu ne rêves que d’une seule chose c’est de… repartir l’année prochaine ! Ce sera surement le cas pour moi !

Simon 



jeudi 30 août 2012

Jours 6-7 : Longues journées ? Vous avez dit longues journées ?


Au commencement du Comité Central du Conseil Oecuménique des Eglises (COE), vint l'allocution du modérateur. Cette allocution donne en principe le ton de la session, et celle-ci promet d'être placée sous le signe de l'enthousiasme prudent. Enthousiasme de voir toutes ces confessions réunies au nom de l'Eglise et de Dieu, enthousiasme aussi de pouvoir évoquer des questions qui sont chères aux chrétiens. Mais prudence, parce que, le monde traverse une période de crises, crises financière, monétaire, politique, crise de confiance, crise de foi pourrait-on dire.
Quant au COE, d'aucuns pensent qu'il traverse une crise en rapport avec sa vision du monde : depuis sa création, il était réputé pour avoir une vision « prophétique » du monde, et certains pensent que cet aspect est en train de se perdre. Mais il ne faut pas perdre de vue, que le COE lui aussi a connu des heures sombres d'un point de vue budgétaire et financier. C'est ce qu'est venu confirmer le rapport du secrétaire général, le pasteur Olav Fykse Tveit.
Malgré tout, le pasteur Walter Altmann, (modérateur du Comité Central) a souligné des signes d'espérance en matière d'oecuménisme. Son allocution a été saluée par une salve d'applaudissements, ce qui a mis la session que nous visons sur de bons rails.

Première journée où le comité a siégé, et première surprise : juste avant l'interruption de la séance (pour cause d'épuisement du sujet évoqué), le modérateur a signalé que la reprise de la séance ne serait ouverte qu'aux membres du comité (alors que de nombreux observateurs et de nombreux conseillers, ainsi que quelques médias assistent habituellement aux séances, tout comme les équipes du COE, ainsi que l'équipe de Stewards dont je fais partie). J'apprendrai par les bruits de couloirs, qu'une épineuse question devait être traitée : celle de l'intégration ou non d'une Eglise au sein du COE. La séance a été plus longue que prévu, ce qui témoigne d'âpres débats, ponctués par des applaudissements nourris, que j'ai pu entendre de l'extérieur ! Je ne sais pas quelle a été la décision prise concernant cette Eglise, mais quoiqu'il en soit, les membres du Comité Central ont l'air de bien vivre ensemble, malgré leurs différences et leurs divergences de point de vue.
Quoiqu'il en soit, l'ordre du jour de la journée a été épuisé vers 20h30 heures, le temps pour les participants de se rendre à l'extérieur du bâtiment qui renferme l'amphithéâtre, où a lieu la « prière du soir », qui est en fait un condensé d'une liturgie.

Les journées sont dont longues, et celle d'aujourd'hui (jeudi 30), ne fait pas exception à la règle.
Nous commençons la journée à 7h30 par la mise en place de l'amphithéâtre, la vérification de tout le matériel technique (projection, micros, écouteurs pour la traduction, distribution des documents...) avant que les membres du Comité arrivent pour l'étude biblique.

Après quoi les débats reprennent leurs droits avec un programme un menu chargé : une séance sur la mission d'un point de vue oecuménique, une à propos de l'unité, une autre sur les problématiques publiques, puis, après le repas suivi d'une pause, une autre séance sur la gouvernance du COE, avant que la journée ne soit close par des réunions par région(par continent en réalité).

J'aimerais revenir sur les deux premières séances de la journée, qui m'ont particulièrement intéressé : je me suis beaucoup retrouvé dans l'analyse faite par le rapporteur du texte sur la mission. Ses conclusions ressemblent assez à celles (toute proportion gardée bien sûr) que l'équipe d'ERF on Tour a pu tirer : une évangélisation nécessaire, mais en restant prudents, humbles, et en nous mettant à la portée des personnes rencontrées ; une mission qui doit aussi concerner les personnes marginalisées par les institutions...
Concernant l'unité de l'Eglise, ce qui m'a surtout marqué, c'est que deux blocs sont apparus (avec sans doute des distinctions à faire au sein des blocs, des nuances ayant pu m'échapper, les débats étant en anglais) : le premier « bloc » serait le bloc des orthodoxes, tandis que le second serait celui des protestants en général : les premiers considèrent que l'unité ne peut avoir lieu sans une communion, et donc une hospitalité eucharistique, hospitalité qu'ils refusent pour des raisons que j'ai déjà évoquées lors d'un précédent billet (ce qui vous forcera à le lire si ce n'est déjà fait!!) ; les seconds au contraire mettent l'accent sur le fait qu'unité ne rime pas avec uniformité, mais qu'au contraire la diversité vient nourrir cette unité, et lui permet d'évoluer. Position exigeante sans doute, mais qui permet à chaque confession de préserver son point de vue, tout en étant prêt à écouter le point de vue des autres confessions, et même à les accueillir là où les questions ecclésiologiques ne devraient plus exister : lors de la Sainte Cène, lieu même de l'unité, célébration de cette unité.
Il me semble que tous les apôtres étaient là lors de la Cène, même Judas, celui qui allait trahir : point de raison donc d'exclure dans un moment qui devrait à mon sens rassembler !

Les journées sont donc bien chargées, et les repas sont autant d'occasion de discuter avec des personnes de tous horizons, même si nous apprécions (les stewards) de pouvoir nous retrouver pour faire le bilan du jour.

Comme vous pouvez le constater, mes billets ont une fâcheuse tendance à croître. J'espère que leur lecture n'en est pas pénible ; je m'efforcerai dans les prochains jours de ne pas les rallonger trop, mais j'essaie de dire tout ce qu'il m'est important de partager. Car à une journée chargée, correspond un long billet !


mardi 28 août 2012

Jour 5 : Être ou ne pas être steward, telle est la question !


En avant-première pour vous qui suivez mon périple, voici la photo officielle des stewards (et de leurs responsables) du Comité Central du Conseil Oecuménique des Eglises, qui se déroule à Kolympari en Crète, du 28 août au 5 septembre.

Je me permets d'enfreindre la règle que je m'étais imposée, qui consiste à rapporter les évènements de deux jours consécutifs dans un même billet.

En effet, le 28 août marque le début du Comité Central, qui commence par un temps cultuel d'ouverture en début de soirée. Or, pour les stewards, cela sonne le glas de nos activités préparatoires. Le groupe est maintenant solidement constitué, et nous avons passé la journée à nous préparer concrètement aux tâches qui vont nous incomber durant l'ensemble du Comité Central. Certains d'entre nous vont assister les équipes de traduction (les sessions sont traduites en trois langues : allemand, français et espagnol, tandis que le langage officiel du Conseil Oecuménique est l'anglais) ; d'autres sont affectés au service documentation ; d'autres encore vont s'atteler à la délicate tâche de préparer l'ensemble des célébrations oecuméniques en tenant compte de toutes les sensibilités. Pour ma part, je fais partie de l'équipe la plus nombreuses (16 stewards sur 26), qui aura pour tâche de s'occuper de la salle plénière, où se réunira le Comité Central. Evidemment, la tâche de l'accueil des participants nous incombe, mais d'autres tâches plus discrètes mais tout aussi importantes vont nous revenir : vérifier la bonne marche de l'ensemble du matériel présent sur place, enregistrer l'ensemble des débats, afficher les noms des intervenants, assister la modérature dans son rôle, en permettant (ou non) aux différents membres du Comité Central de prendre la parole...

Nos journées seront encore plus denses que les précédentes, commençant dès 7h30 par l'installation et le nettoyage de l'amphithéâtre qui accueille les séances plénières, et se terminant au delà de 21 heures par le rangement du matériel, de la salle, la sauvegarde des données, suivi d'un debriefing de la journée avec notre responsable.

Autant dire que nous n'allons pas nous ennuyer, et que les discussions sur l'unité de l'Eglise, sur l'écojustice, et sur le thème du comité central (God of Life, lead us to justice and peace) promettent quelques billets savoureux.

lundi 27 août 2012

Hospitalités et Hospitalisés


Aujourd'hui dimanche, était un jour un peu particulier pour l'ensemble des Stewards : nous sommes en effet allés assister à une célébration orthodoxe dans un monastère de sœurs. Jusque-là, rien de bien extraordinaire, puisque 96% des grecs se considèrent orthodoxes. Mais, lorsque nous sommes arrivés à 8h30 du matin, alors que la célébration commençait à 7h30 par une première partie « privée » entre les popes orthodoxes et les sœurs, nous n'avions plus de place pour nous asseoir en groupe et bénéficier d'une traduction d'un des membres de l'encadrement (qui doit prochainement devenir pope au demeurant). Aussi nous sommes-nous pour la plupart retrouvés hors des murs de la chapelle, devant la porte (ouverte), à devoir assister à un office auquel nous ne comprenions que peu de mots (l'office étant célébré en grec). Autant dire, que nous en avons profité pour discuter entre nous de nos Eglises d'origine, des différences entre les Eglises...

Puis, nous sommes allés déjeuner à Chania, la « capitale » du district ouest de la Crète, dans un restaurant où nous avons pu déguster quelques spécialités crétoises, notamment le fameux digestif raki, mais aussi le mouton cuit avec des herbes avec son gras, ou encore la salade crétoise, composée de pain dur (voire rassi), de tomates concassées mélangées à de l'huile qui viennent humidifier le pain, et de fêta.

L'après-midi qui suivit était libre, et certains en ont profité pour piquer une tête dans la mer méditerranée, tandis que d'autres ont pris le parti de faire un peu de shopping, non sans avoir pris quelques photos, dans quelques lieux du vieux Chania (La Canée en français).


Au soir du troisième jour (j'ai l'impression de parler comme dans les Evangiles...), pendant le repas, avec un autre steward presbytérien, nous avons instinctivement, et sans arrière-pensée, souhaité prendre la Cène que nous n'avions pas pu partager le matin dans l'Eglise orthodoxe grecque (qui n'offre pas l'hospitalité eucharistique pour la raison suivante : l'unité doit être vécue pendant la communion, c'est à dire qu'il faut être uni pour pouvoir communier, donc être membre de la même église). Or pour nous presbytériens, l'unité peut se vivre au moment où Christ nous invite à vivre ensemble, à partager : c'est le moment où, tout au contraire des orthodoxes, les protestants offrent la possibilité d'être rassemblés sans exclure quiconque.
Cela a entraîné la réaction d'une nigériane qui a passé plus de dix ans en Grèce et qui est membre d'une Eglise orthodoxe : elle nous a demandé ce que nous faisions, et nous avons eu l'occasion d'expliquer ce qu'était pour nous la communion, et que quiconque croyait en Dieu et le reconnaissait comme Sauveur et Seigneur pouvait y prendre part. Alors certes, la liturgie de la Cène n'a pas été respectée du tout, mais nous étions clairement dans une démarche spontanée et sincère, mais aussi dans une démarche d'exposition de nos convictions (dans l'après-coup).

Nous devions avoir à la fin de la troisième journée une soirée culturelle où chaque steward pouvait partager quelque chose venant de son pays en moins de cinq minutes (une chanson, une danse, une histoire, un poème...), malheureusement la soirée d'hier a dû être annulée en raison d'un passage aux urgences hospitalières de deux stewards : rien de grave, mais par solidarité, nous avons préféré attendre qu'ils soient revenus pour partager nos différentes cultures. Aussi je ne peux pas vous parler de la première partie de ces cultural evening. Finalement, l'ensemble des stewards passera ce soir, et la soirée promet d'être aussi longue qu'enrichissante.

Pour revenir à ce qui s'est passé durant le quatrième jour (lundi), nous avons comme chaque matin pris un temps de « culte » au sens générique du terme : les stewards sont rassemblés en fonction de leur continent d'origine, et chaque continent anime un matin dans le séjour. Les liturgies qui nous ont été offertes étaient originales, mais dans la plupart des cas, la théologie véhiculée est quelque peu différente de celle de l'Eglise Réformée de France : les notions de péché, de sacrifice reviennent assez souvent dans ces liturgies, ce qui, je dois bien avouer, n'est pas ma tasse de thé. En revanche, la forme est très intéressante, notamment lorsque l'Afrique a présenté son travail collectif : chaque steward avait apporté à la liturgie un élément de sa confession, de son Eglise, ce qui aboutissait à une liturgie très riche, variée, (avec une ligne directrice pas toujours très claire cependant).
Ce qu'il faut retenir de tout ceci à mon sens, c'est qu'on peut toujours s'enrichir de la manière dont chaque confession, dans son propre contexte vit l'Eglise (invisible). Nous sommes tous amenés à évoluer au sein de notre propre contexte, en raison de l'environnement qui nous entoure, mais il me semble que nous ne devons pas oublier que nous ne sommes pas seuls, que notre église, quand bien même elle nous est chère, n'est pas l'Eglise absolue et définitive.
Hier, (au troisième jour de mon séjour sur place), une intervenante nous a rappelé que nous devons toujours garder à l'esprit que nous connaissons d'abord et surtout notre propre contexte et nos propres convictions, sans connaître ou en ne connaissant que peu les convictions des autres confessions, notamment lorsqu'elles sont situées dans d'autres contextes.
Il nous faut donc rester humbles face à la diversité, même si au premier abord, la manière dont certaines confessions vivent leur foi ne nous correspond pas.

Si je devais résumer ce que cette journée m'a apporté, je dirais que, même lorsqu'on se sent mal à l'aise par rapport à la pratique de l'autre, on ne doit pas oublier qu'aucune confession ne peut prétendre détenir l'entière et absolue vérité concernant Dieu, qui n'est pas enfermable dans une institution humaine. Alors je prends le parti et je fais le pari d'essayer de voir dans chacun des stewards ici présent, et plus largement dans chaque personne que je suis amené à rencontrer, la trace de Dieu, et de ne pas dénigrer ce que cette personne qui est tout autant un sujet que moi, et qu'à ce titre je dois respecter comme tel, peut m'apporter concernant la représentation que je me fais de Dieu. La maison de Dieu n'a pas de localisation géographique, chacun d'entre nous pouvant être d'une façon ou d'une autre hôte de Dieu.

samedi 25 août 2012

Jours 1-2 : Communauty Building


Alors que nous sommes à peine arrivés à bon port (surtout pour ceux qui ont atterri à une heure avancée de la nuit),  les sessions d'introduction commencent déjà.

Nous sommes logés au sein de l'Académie Orthodoxe de Crète qui jouxte un monastère orthodoxe lui aussi (monastère qui apparaît au premier plan de la photo ci-contre).

Nous apprenons à nous connaître petit à petit à travers les discussions et les activités, basées sur la constitution d'un groupe (communauty building), pour que ce même groupe puisse être au service du Comité Central dans quelques jours. Ces activités visent aussi à nous faire prendre conscience des limites du langage, en particulier quand tout le monde n'a pas le même niveau en anglais, que ce soit en terme de compréhension, ou d'expression. Du coup, le langage corporel, non verbal, vient en aide pour arriver à saisir l'ensemble de ce que l'autre veut communiquer.
L'ambiance est en tout cas très bonne, et chaque culture, chaque confession vient enrichir l'autre. Je tirerais volontiers un premier enseignement de ce constat : nous ne pouvons pas nous considérer comme étant seuls en tant que chrétiens, même au plus profond de notre solitude et quand bien même nous lirions la Bible en solitaire. Être chrétien, cela signifie avant tout et peut-être surtout, être en relation avec la communauté des croyants.

Mais revenons-en au soir de mon arrivée, jeudir soir. Dès la fin du repas du soir au cours duquel je suis arrivé, les discussions théologiques sont apparues, et surprise, la théologie francophone (protestante) n'est pas inconnue de tous (en tout cas pas au Liban dans les académies orthodoxes). Certes, elle est connue exclusivement à travers les auteurs traduits en anglais, parmi lesquels Daniel Marguérat figure en bonne place. Mais c'est déjà une belle surprise de constater que, même au niveau théologique, l'oecuménisme peut se vivre, ce dont je doutais pourtant en arrivant. L'oecuménisme ne peut pas se limiter à une simple reconnaissance d'une foi commune en Jésus-Christ, il se doit d'aller plus loin quitte à ce que le consensus soit plus difficile à obtenir.
Quoiqu'il en soit, au sein du groupe des stewards, il y a certes des dissensions, des divergences, mais je crois que nous allons pouvoir aller au-delà pour trouver les points de convergences.
Je trouve qu'il règne ici une certaine ouverture d'esprit (peut être changerai-je d'avis dans les prochains jours) qui permet de s'ouvrir aux autres, et de passer par-delà les différences de confession pour pouvoir discuter entre sujets libres, capables d'évoquer leur foi et de formuler leurs convictions.

Ce matin, qui correspond à la deuxième journée du programme introductif, nous avons eu un temps de réflexion autour du texte de Ruth au chapitre 3, sur les relations entre les genres (masculins, féminins) et sur la place de chacun dans le groupe.
Après cela, la coordinatrice du projet nous a communiqué une sorte de charte concernant les cas de harcèlement sexuel. En effet, étant donné qu'il y a autant de nationalité que de stewards (soit 26), chacun n'a pas forcément, au sein de sa culture, la même compréhension de ce qui peut être gênant pour l'autre ou non. Il s'agissait donc que chacun soit au clair avec les comportements proscrits, et ceux qui ne le sont pas, sachant que l'élément crucial qui permet de déterminer si une conduite est répréhensible ou non, est celui du consentement des deux personnes.
Là encore, l'idée est que le groupe puisse vivre sereinement, qu'on se sente bien au sein du groupe, et que nous puissions établir des relations de confiance avec chacun des stewards.

Pour ce faire, à la fin de chaque journée, et avant le repas du soir, nous nous réunissons en petits groupes appelés home groups, qui n'excède pas 5 stewards. Au cours de ce temps, nous faisons le bilan de la journée, et nous avons l'occasion de dire ce qui s'est bien passé, ce qui ne s'est pas bien passé, ce que nous aurions aimé faire en plus, mais aussi comment chacun se sent au sein du groupe.
Ces temps sont à mon sens important, pour que chacun puisse prendre la parole, même ceux qui sont les moins à l'aise en anglais.

Pour terminer ce billet, je ne pouvais pas ne pas évoquer la nourriture terrestre qui nous est servie abondamment à l'Académie (que je ne vous ai pas encore présentée du reste : http://www.oac.gr/ ).
Nous mangeons en effet remarquablement en Grèce, même si les plats qui nous sont servis ne ressemblent pas spécialement à de la cuisine locale : hier soir nous mangeâmes ainsi un repas italien (pizzas, spaghettis et tutti quanti), tandis qu'aujourd'hui à midi, le très fameux poulet-pommes de terre nous fut présenté à table. Enfin, que dire de la glace à la banane dont la couleur m'évoque davantage l'adjonction massive de colorants, qu'elle ne me laisse apprécier le plaisir de pouvoir déguster une crème glacée.
Heureusement, les « hérésies » ne sont pour l'instant que culinaires, et c'est en fin de compte tout à fait appréciable !

jeudi 23 août 2012

Voyage, voyage...


Pour ce premier billet, j'ai décidé de commencer en douceur. Les questions théologiques, ecclésiologiques et tous les gros mots de la même engeance arriveront bien assez tôt. Alors je vais vous parler de quelque chose de beaucoup plus prosaïque.
Vous le savez peut-être (mais peut-être ne le saviez-vous pas), j'ai l'honneur d'avoir été choisi pour faire partie d'un programme de Stewards à l'occasion du Comité Central du Conseil Oecuménique des Eglises http://www.oikoumene.org/fr/
Or, le Comité Central a cette année lieu en Crète. 
Pour aller en Crète à partir de la France, il existe deux solutions : la rapide, et la plus longue.
La plus longue, pour commencer par celle-ci, consiste à acquérir (ou louer) une embarcation, et à naviguer jusqu'à destination. La seconde, plus rapide, celle pour laquelle j'ai opté, consiste à s'embarquer dans un ou plusieurs avions, avec tous les à côtés inhérents à ce moyen de transport.

La journée commence donc à Lyon où je me rends à la gare pour prendre le train direction aéroport Charles de Gaulle.
Première surprise quand j'arrive sur le quai, un transfèrement de détenu était prévu dans la voiture où ma place était réservée. Voir une personne menottée, sévèrement encadrée par des gendarmes, même quand on croit être habitué, ça ne laisse jamais indifférent. Pendant le voyage somme toute tranquille, j'ai aussi croisé trois sœurs catholiques dont je ne m'aventurerais pas à dire à quelle congrégation elles appartenaient. Trois gendarmes, trois sœurs, l'équilibre était sans doute bon.

Mais le vrai voyage, celui qui devait me conduire hors de France ne faisait que commencer.
Premier avion à destination d'Athènes donc, un Airbus A 321 pour les connaisseurs, un moyen courrier. Et comme dans toute compagnie qui se respecte, les passagers avaient droit à un plateau repas, quand bien même il était déjà 15 heures lorsque nous le prîmes.
Puis déjà, intervint l'atterrissage, sans doute – avec le décollage – le moment le plus spectaculaire du vol.
J'avoue ne pas avoir du tout pu profiter du panorama d'Athènes, l'aéroport étant situé relativement loin de la ville : je n'ai même pas pu apercevoir l'Acropole depuis l'avion...décevant, mais j'étais déjà tendu vers mon objectif, à savoir, me rendre rapidement à la porte d'embarquement pour ne pas manquer l'avion qui devait m'emmener jusqu'à Chania, en Crète.
En sortant de l'avion qui venait de Paris, j'eus la surprise de rencontrer une malgache dont je savais qu'elle allait, elle aussi, participer au COE. Malheureusement (pour elle surtout), elle ne prenait pas le même avion que moi, et allait arriver tard dans la nuit en Crète. D'ailleurs à l'heure où j'écris, elle n'est toujours pas arrivée...

J'ai écrit au début de ce billet que je ne parlerais pas de théologie, mais impossible de me retenir lorsque au moment d'évoquer mon arrivée en Crète. Nous voilà à bord d'un taxi passant au dessus de la baie de Souda, plus grand port « naturel » d'Europe selon les dires de notre conducteur. Et, au détour d'un virage, j'ai eu la sensation de comprendre un peu davantage la poésie des récits de création de la Genèse : en effet, en Crète (comme sans doute sur la plupart des îles), l'expression de « terre émergée de l'eau », de terre asséchée prend tout son sens. Les montagnes se jettent littéralement dans la mer, l'île semble sortir de nulle part. Le séjour commence donc en beauté et le voyage en taxi qui dura près d'une heure, fut quasiment silencieux, tant les paysages à contempler étaient magnifiques.
La suite au prochain numéro !    

                                                                                                                NR



mardi 26 juin 2012

Au lait et miel de la rencontre


     


   

      Pour rester dans le ton de l'Indonésie d'hier, où paraît-il c'était cuisine;
 Depuis ma suffragance, je voudrais partager moi aussi une "recette?" où j'ai pu rencontrer ces deux ingrédients délicieux... le lait et le miel.
      Malgré le goût amer que nous pouvons avoir au cours de nos études, ou encore dans nos vies, la théo c'est beau, c'est doux! c'est bon comme le miel et le lait, quand elle nous permet de partager.
Quand on la vit à la fac avec les amis!
Mais aussi, quand elle nous permet d'appréhender la réflexion sur Dieu et que nous pouvons y trouver de quoi relire nos vies. Quand elle nous permet de nous confronter à la réalité d'une paroisse et de la rencontre des "vrais gens". Hé bien oui, car il y a quand même un moment où on se demande où on en est par rapport à la vraie vie après un parcours à la fac de théo et parmi tous nos sympathiques camarades avec qui on se sent par moment un peu extra-terrestre pour la société, et avec qui on peut échanger nos questions, nos doutes, nos chemins en les mettant côte à côte, en vis à vis.
   Certes, il faut veiller particulièrement à la manière avec laquelle se noue la relation avec les paroissiens, mais, finalement, sur le terrain, en paroisse, ce n'est peut-être pas si différent car définitivement, l'étudiant en théo, le docteur de la loi, le pasteur n'a pas un statut privilégié qui lui donnerait plus de réponse.
     De nombreuses questions certes ont pu être étudiées tout au long du parcours. Mais nous gardons tous cette fragilité, cette incapacité à faire ou à dire dans telles ou telles situations.
     A tel point que nous nous interrogeons, comment avancer dans ce désert, là où il n'y a plus de chemin, là où nous n'avons plus de réponse et face à notre impuissance?
Et dans chaque visite, et avec chaque personne, quelles que soient les études, quels que soient les chemins parcourus et le vécu personnel, rien n'est transposable, superposable, substituable. C'est toujours dans cette conscience que chaque chemin est unique que nous pouvons avancer.
     Alors comment garder pour nous le message de cette radicalité de l'Evangile pour pouvoir le témoigner. Et que penser de ce message qui s'adresse à nous aujourd'hui, quand nous avons l'impression aussi, qu'il dit quelque chose pour notre société, qu'il la remet en question et qu'il remet en question les rapports fondamentaux entre les uns et les autres?
     Pour chaque rencontre, chaque visite, nous avons à remettre en question cette Parole pour nos vie et pour qu'elle soit Parole de vie dans la rencontre, non pas pour que cette parole change l'autre, mais pour qu'elle puisse nous changer ensemble pour faire le choix de la vie afin de vivre.
      Mais concrètement?...
Concrètement, là où notre société et chacun de nous a cette tentation de vouloir justement donner une parole et une réponse, pour toute chose. C'est à l'écoute d'une parole autre que nous nous en remettons. Cette parole de la personne que l'on rencontre, et cette Parole qui nous "retourne" et peut nous relever.

Dans ces moments de suffragance, il y a effectivement ces visites, ces rencontres que nous sommes amenés à vivre.
Et il arrive parfois, au coeur d'une visite, qu'on n'ait plus de mots.
Même à ce moment sans mot, peut se révéler une intention de prière, un sujet. Cette parole humaine qui veut nouer le contact avec Dieu, cette parole fragile qui veut continuer à dire là où on est impuissant, là on on ne peut plus dire. Parfois, avec une prière, il s'agit d'une intention que l'on laisse à l'attention de l'autre, qui dit aussi que l'on a pas de mot ou qu'on ne veut pas les imposer à Dieu ou à l'autre, même si on accepte de se placer en prière pour que ça continue à parler au delà de nos mots... Et parfois, des mots sortent, face à l'inconnu(e), dans l'inattendu de cette rencontre, des mots qui se disent, sans se la raconter, des mots qui acceptent de remettre l'intime et le partager dans la confiance que ces mots et ces maux déposés prendront une autre dimension pour nous grâce au Seigneur en lequel on se confie.
Alors, oui, même une parole amère, même au creux de tout ce qui est le plus difficile à avaler de nos situation, on peut avoir l'espérance que cette parole dans nos bouches, nos oreilles et pour nos vies devienne lait et miel, Parole d'une promesse, la promesse que Dieu est là, qu'il est présent dans la rencontre, au delà de nos frontières. Dans la rencontre de l'autre coule le lait et le miel de Dieu.
Alors, c'est vrai, je vous parlais de recette et je vous laisse sur votre faim... mais finalement, on dit bien, l'ingrédient essentiel pour toute recette... c'est l'Amour, n'est-ce pas?...
RD

jeudi 14 juin 2012

Vacance... en France... suffragance....

...et pendant ce temps là de l'autre côté du monde,des petits villages et des petites villes d'irréductibles paroissiens résistent encore et toujours sans pasteurs.



"Bonjour je suis le pasteur suffragant de votre paroisse
- ah bonjour monsieur Suffragant.
- euh, en fait suffragant, ça veut dire en gros que je suis le remplaçant du pasteur, je vais rester pendant un mois avec vous.
-ah ce n'est pas votre nom Suffragant?! Bonjour pasteur!
- en fait, je ne suis pas encore pasteur, je suis encore étudiant et puis vous pouvez m'appeler par mon prénom!
- Ah d'accord! Oh tenez voilà mon épouse. Alors, voici ma femme, et tiens, c'est le pasteur!"

Durant ces périodes de vacance sans pasteur, certains étudiants choisissent la possibilité de faire une suffragance au cours de leurs vacances et quoi qu'il arrive et les vaines tentatives de dire qu'ils ne sont pas pasteur, ils le seront toujours pour les uns ou les autres.

Mais quel drôle de mot aussi, suffragant! Une définition du dictionnaire : « Personne qui a droit de suffrage dans une assemblée. Se dit d'un évêque en dépendance canonique d'un archevêque ». Ça nous dit peu de chose pour nous protestants ! C’est dans un extrait de la Discipline de l'Église Réformée de France que l’on a une meilleure idée. « Au service de l'Église Réformée de France, le suffragant participe à "la mission que le Seigneur confie à l'Église universelle, annoncer, servir et vivre l'Évangile auprès de tous les hommes".

Oui avec un mot plus simple, le suffragant est celui qui assure un intérim à un moment où il n'y a pas de pasteurs, soit que le poste soit vacant, le pasteur en vacances, ou encore que le pasteur soit souffrant.
Dès lors on pourrait dire que le suffragant est aussi celui qui maintient le lien… entre les études de théologie et la réalité de l’Église, et entre l’Eglise, le conseil presbytéral, et les paroissiens.
         Car dans ces temps particuliers où les Eglises locales souffrent de l'absence de pasteur, c’est à chacun qu’il est donné de maintenir le lien, d’être relié par ce fil fragile d’une prière adressée à Dieu, et aussi dans nos rencontres quotidiennes, et la rencontre hebdomadaire de la parole de Dieu au centre du culte. 
         Dès lors, il est nécessaire pour les paroisses que plusieurs prédicateurs laïcs puissent prendre le relais pour assurer la présidence des cultes, et des actes pastoraux, baptêmes, mariages, et le plus redouté, les services funèbres.
         Ainsi le suffragant vient aider et prendre la relève un cours moment, pour les cultes et les actes pastoraux mais aussi pour des visites auprès des personnes isolées ou qui le souhaitent, des études bibliques, veillées oecuméniques, animations d'école biblique quand la suffragance est encore à un moment "actif" de l'Eglise, comme au mois de juin.
         Et il m'a même été donné de présenter l'histoire du protestantisme dans une école catholique. 
Tout ça permettant donc de mettre en pratique ce que nous apprenons en Théologie dans tous les domaines, à Montpellier ou en Indonésie pour notre camarade qui m'a amicalement cédé la place de cet intermède sur le blog avant de reprendre ses billets (mais pas encore d'avion!) et le lien avec l'étranger, les autres cultures et les autres réceptions de la théologie à travers le monde.

Et du lien, c’est bien ce dont il s’agit dans la "religion" selon l’étymologie du mot « relier »
Ce n’est donc pas un lien qui doit nous attacher et nous enfermer, mais plutôt une relation qui permet de mieux être connecté avec un Autre. Comme sur Internet, suivre le lien qui nous permet d’ouvrir une nouvelle fenêtre… Lien qui nous ouvre un regard neuf avec lequel on relie et on relit cette Bonne Nouvelle au cœur de nos vies. Et oser à nouveau sortir de nos petits écrans, dépasser la rencontre virtuelle pour ouvrir une fenêtre de notre cœur sur l’autre, et s’en rendre proche dans notre réalité, afin qu’elle résonne de ce lien d’Amour qui nous est donné.

R:D

lundi 4 juin 2012

vendredi 11 mai 2012

Retraite à Pomeyrol

La fin des examens, la fin de l’année, la fin d’un cycle ? La fatigue du corps ? la fatigue de l’esprit ? Entrer en présence du présent, dans le silence, la nature, rythmé par 3 temps de prière... La communauté religieuse de Pomeyrol vous accueille. Soeur Christiane que nous avons accueillie à l’Amicale en avril nous l’a dit. Alors pour certains peut-être ces paroles sonneront juste, maintenant ou plus tard. 
Sachez que la démarche est d’une extrême simplicité : il suffit d’écrire à la communauté (clic pour le mail), de proposer des dates et de recevoir la confirmation. Pour plus d’informations vous pouvez aussi consulter le site de la communauté (clic). 

mardi 27 mars 2012

Lourmarin, c'était bien...

Des étudiants en théologie n'ont pas de fonction bien définie. En fait, ils n'ont pas, à ce titre, de fonction du tout. Ni (encore) pasteurs, ni spécialistes de l'Eglise, ni connaisseurs du fin fond de l'histoire... Etudiants, ça veut dire qu'ils ne sont pas arrivés au bout du chemin et que rien ne garantit qu'il y ait un but en soi à ce chemin-là. Alors quand des gens, quels qu'ils soient, désirent entrer en conversation avec nous, ce n'est pas parce qu'on y connaît quelque chose, mais bien souvent parce qu'on est en marge de l'institution, tout en ayant acquis quelques connaissances. De notre point de vue ce week-end, c'était une grande force.
C'était en effet notre voyage annuel de l'Amicale, qui nous a menés à Lourmarin, en pays vaudois, sur la trace de ces protestants avant la lettre, qui ont eu à subir ensuite tous les tourments de l'Histoire par leur choix de se joindre aux protestants dans des temps troublés. Comme nous le rappellait le pasteur Deuker, ils ont toujours fait le choix le plus dangereux... 
Dimanche matin, en couronnement d'un week-end plein de belles surprises, de rencontres et de joie, c'est la communauté ERF de Lourmarin / Pays d'Aigues / Val de Durance qui nous accueillait au temple de Peypin d'Aigues, à l'occasion de l'AG annuelle. Ce sont donc les seize étudiants présents qui ont participé à la célébration de ce culte, puis nous avons déjeuné avec les membres de l'Eglise locale. L'après-midi, nous étions invités à répondre à des questions sur notre formation, nos espoirs pour l'avenir, nos désirs, pour ceux qui iraient en paroisse un jour. Du fait que nous n'avons pas de fonction particulière, on le disait, la parole de chacun était très libre. Ni vraiment dans l'Eglise, ni vraiment en dehors, formés à penser en théologiens, nous sommes finalement des interlocuteurs neutres et pourtant informés ! Nous avions des choses à dire, mais beaucoup aussi à écouter. Qu'attend une paroisse longtemps sans pasteur de celui ou celle qui viendra un jour ? comment tenir sur la durée ? et les visites ? et l'activisme pastoral ? On n'a pas fini de réfléchir à toutes ces questions, et aux autres questions soulevées ensemble ce week-end, dans nos visites, nos temps de méditation partagés, les conversations... et puis, bien sûr, la complicité renouvelée d'une belle équipe !


D'autres photos et récits sont à suivre bientôt, très bientôt... 

lundi 13 février 2012

ALA, claire fontaine

Tous les étés depuis 31 ans, il se tient une école de langues dont on dit qu'elles sont mortes alors qu'en fait... elles gigotent encore beaucoup. Preuve en est le peps de ceux qui assistent aux cours de cette Académie des Langues Anciennes (ALA de son petit nom) et y reviennent, d'année en année, retrouvant souvent des visages connus, pour approfondir la connaissance d'une langue ou commencer l'apprentissage d'une autre. Ici à l'IPT, on apprend le grec, l'hébreu (et l'ougaritique, bien sûr). A Digne en juillet prochain, vous pourrez également apprendre l'araméen, l'akkadien ou l'arabe, ou encore le tibétain, le copte, l'égyptien ou le hittite, ou le sanskrit, ou... C'est une session intensive. A titre de comparaison, en hébreu on étudie en 10 jours à peu près l'équivalent du programme d'un semestre de cours à l'IPT. 
Ca se tient du 17 au 27 juillet à Digne-les-Bains, dans un site magnifique, dans des conditions d'hébergement impeccables. Bonne humeur assurée ! Pour plus d'infos, le site est là (clic), le programme sera mis en ligne prochainement, sinon vous pouvez cliquer sur les photos ci-dessous. Les étudiants de l'IPT peuvent également s'adresser à E. Correia, qui co-organise l'ALA. 




samedi 11 février 2012

ERF on Tour, ze retour


Ces temps-ci, si vous zappouillez sur le site de l’ERF, vous tomberez sur un lien qui évoque l’aventure ERF on Tour 2011 : quatre théologiens (et demi) en vadrouille en Vendée au mois d'août dernier, à la rencontre des communautés, au coeur de l’aventure, de l’attendu et de l’inattendu, de petites et de grandes surprises.
Et c’est reparti ! La « bande à Benji », complétée de quelques « petits » nouveaux, reprend du service en 2012 et part dans l’Est...
Pour plus d’infos, allez jeter un œil au blog ERF on Tour. Vous y trouverez la confession de foi de l’équipe 2011 et les nouveautés mises à jour régulièrement. Vous pouvez aussi écrire à l'équipe pour plus d'infos.
Attention, hautement contagieux !

lundi 30 janvier 2012

Ô combien de Lourmarin

Voici enfin le message que vous attendiez tous : les détails sur notre traditionnel voyage annuel de l'Amicale.
Nous partons cette année, les amis, à Lourmarin. Après avoir espéré partir à Rome rencontrer nos homologues de la faculté vaudoise, nous avons dû en rabattre sur nos ambitions, aussi l'Italie ce sera l'an prochain, nous y travaillons d'ores et déjà. Cette année, nous irons donc sur les traces des vaudois du côté de Lourmarin. 
Ce sera le week-end du 23 au 25 mars, départ vendredi après-midi et retour dimanche soir. Au programme : visite du musée vaudois de Merindol, visite du village de Cabrères d'Aigues, son habitat troglotyte, son église, son temple, son moulin à huile et sa cave viticole, piques-niques partagés, soirées festives, un culte le dimanche à 10h à Peypin d'Aigues suivi d'un temps de partage avec la communauté... Ce qui est sûr c'est qu'on ne va pas s'ennuyer. 
La participation de chacun, grâce à une subvention du Conseil de faculté, se montera à 30 euros pour le séjour, hébergement en gîte dans un cadre magnifique, nourriture et transport compris. Nous disposons de 16 places, les inscriptions sont ouvertes, merci de vous inscrire au plus vite sur la feuille affichée à la salle Vincent.